Cap est plus que jamais mis sur la relance de la machine économique gangrenée pendant plusieurs décennies par des erreurs d’orientation et des pratiques énonçant une gestion défaillante, quand ce n’est pas carrément la corruption à grande échelle qui aura miné les institutions de l’Etat comme peuvent l’attester les révélations des procès en cours. La mutation économique promise vise manifestement à asseoir, notamment la diversification des sources de croissance, l’économie du savoir et la gestion rationnelle des richesses nationales. Dans cette optique, le premier magistrat du pays a annoncé, dimanche à l’occasion du Conseil des ministres, le premier après la réunion consacrée à l’examen du projet de Plan national de relance socio-économique, une série de mesures qui devraient constituer le socle de cette feuille de route qui a pour finalité de remettre en branle une machine économique en souffrance et surtout en mal d’organisation.
Contexte de crise oblige, une évaluation des incidences causées par la pandémie du Coronavirus sur l’économie nationale s’est imposée comme incontournable et cette mission échoit désormais à la commission créée à cet effet et qui recueillera les avis des partenaires sociaux et des opérateurs économiques.
Par secteur d’activité, le président de la République a pointé la «stagnation» dans laquelle se trouve le secteur de l’énergie depuis des décennies, «empêtré dans les schémas de production classiques et perdant de vue les énormes potentialités que recèle le pays».
Pour y remédier, le Président a recommandé la relance des activités de prospection des réserves non exploitées à travers des études précises et documentées en mettant en évidence les nombreux gisements que compte le pays aussi bien sur le territoire national qu’au large des côtes, en off-shore…
Il a recommandé également un travail autour de la récupération des réserves existantes pour parvenir à relever, à court terme, le taux de récupération au-delà de 40%, misant sur l’abandon de toute importation de carburant et de produit de raffinage au premier trimestre 2021.
Et pour apposer son insatisfaction quant à la gestion du secteur, le président Tebboune a donné instruction pour engager un «audit profond» du groupe Sonatrach, qui devrait déboucher notamment sur «la réduction du nombre de ses représentations à l’étranger, la diminution des postes de responsabilités (…) et le passage d’une gestion qui date d’une époque révolue vers une comptabilité analytique saine».