Le président du Conseil national économique et social (CNES), Rédha Tir, affirme que la politique nationale des statistiques économiques est inefficiente.

Invité par le forum de la radio algérienne, le président du CNES a mis en exergue l’absence de données réelles sur l’économie nationale, à la lumière d’un système statistique inopérant et peu fiable. Dans la foulée, il a reconnu que l’absence d’informations statistiques fiables complique le pilotage de l’économie et la production de perspectives à moyen et long termes. Rédha Tir a annoncé à la même occasion que son organisme a finalisé six rapports sectoriels, en plus d’un rapport complet de 400 pages analysant la situation générale (économique, sociale et environnementale) du pays ; lequel document est en attente d’approbation par le Président de la République pour sa publication.
En revanche, la note de conjoncture que prépare annuellement le Conseil national économique et social devrait être publié en avril, a indiqué le président de cet organisme, lors de son passage au forum de la radio algérienne. Le casse-tête de la fiabilité de l’information statistique ne date pas d’aujourd’hui, ce qui a faussé certaines mesures économiques. Entre un Office national des statistiques mis sous tutelle du ministère des Finances depuis 2009 et l’absence de cabinets de statistiques privés, le gouvernement s’éparpille dans une forêt de données économiques peu fiables, alors que le CNES était, pendant ce temps-là, complètement acquis à l’action du gouvernement.
Cette perte d’autonomie, conjuguée à la mise sous tutelle du ministère des Finances de l’Office national des statistiques a fait que l’information économique était peu disponible, voire ne répondant pas aux critères scientifiques en matière de collecte et d’analyse. Ce pourquoi le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, a, lors d’un conseil des ministres daté du 3 mai 2020, instruit son gouvernement à introduire le numérique dans tous les secteurs économiques du pays afin de disposer de statistiques économiques fiables. Il a estimé à la même occasion que le numérique et la prospective sont deux facteurs essentiels pour sortir de la sphère des statistiques approximatives qui n’aident nullement à asseoir une économie forte et moderne ni à assurer la transparence des transactions économiques, dans un contexte d’impérative modernisation pour la relance efficace de l’économie nationale. Le président de République a qualifié l’introduction du numérique de «choix stratégique pour l’État qu’il importe de mettre en œuvre sans délai».
Il y a quelques jours, le ministre délégué chargé de la prospective, Mohamed Cherif Belmihoub, a relevé, quant à lui, le grand retard qu’accuse le pays dans le domaine des évaluations statistiques, soulignant l’impératif de la mise en place d’un système d’information et de statistiques fiable et régulièrement actualisé pour accompagner la prospective et l’évaluation des politiques publiques. C’est un secret de polichinelle, l’Algérie n’a pas connu une grande avancée en matière de production de l’information statistique. De plus, il est pour le moins complexe le pilotage des politiques économiques lorsqu’on sait que la moitié de la sphère marchande de l’économie évolue dans l’informel. Le constat ne date pas d’aujourd’hui. Il est temps pour le gouvernement de passer aux travaux pratiques afin que les données économiques soient actualisées et permettre, par la même, aux investisseurs d’avoir une réelle visibilité sur le marché.