Cogérant depuis 2010 de la promotion immobilière Sarl Capucines, sise à Blida, Maâmar Boumdal a été élu, le 19 janvier, à la tête de l’Organisation nationale des promoteurs immobiliers (ONPI) lors du congrès national extraordinaire de l’institution.

Il livre à Reporters les priorités de son mandat et confie les raisons des recommandations émises par l’ONPI lors de sa dernière réunion.

 

Reporters : Tout d’abord, pouvez-vous nous dire ce que représente l’ONPI et quelles sont ses missions ?

Maâmar Boumdal : L’ONPI est un syndicat qui réunit des promoteurs immobiliers ayant adhéré librement à cette association. Sa mission est de défendre les intérêts moraux et matériels de ses adhérents, tel que prévu par les textes dans tout cadre syndical. Nous essayons avec ceux, notamment avec les membres du bureau, d’apporter un plus au profit de nos adhérents.

Vous avez été élu à la tête de l’ONPI tout récemment, quels seront les grands axes de votre mandat à la tête de cet organisme ?
Mon projet pour l’ONPI s’étend sur les courts, moyens et longs termes. Il regroupe trois axes principaux. Le premier concerne les obligations légales.
A ce propos, j’invite tous les promoteurs à se conformer aux règles et aux textes régissant notre secteur, particulièrement les confrères qui ont leur agrément suspendu. Nous avons, en effet, un certain nombre de points qui nous gênent dans notre activité, telles que les lenteurs administratives que nous rencontrons auprès des différentes administrations, notamment pour l’obtention des permis de construction, les permis de lotir et les certificats de conformité.
C’est un point que nous allons soumettre aux autorités dans les prochains jours. Même si le ministère a donné des directives qui ont d’ores et déjà permis de nombreuses améliorations. Le deuxième axe consiste en la réflexion à la manière d’introduire, auprès des institutions de formation, une demande pour qu’il y ait un cursus spécialisé dans la maintenance de l’immobilier. Et pourquoi pas, avec l’aide des autorités, réfléchir à avoir nous-mêmes des centres de formation à destination de futurs acteurs de la maintenance immobilière. Vous savez que les promoteurs ont le devoir de gérer les logements qu’ils réalisent pendant deux ans après réception par les propriétaires.
On constate, au terme de cette période, un manque flagrant de maintenance au niveau hygiène, maintenance et éclairage notamment. Nous voudrions aller au- delà des deux années et laisser après le départ du promoteur une structure de maintenance pour continuer la bonne gestion de l’immobilier.
Je pense notamment aux jeunes de l’Ansej qui sont les premiers concernés et intéressés. Le troisième axe constitue le talon d’Achille de tous les promoteurs, c’est le financement. Je ne sais pas si c’est dû à un manque de crédibilité ou à un manque de confiance, mais la décision qui a été prise de supprimer le crédit à l’achat du foncier est incompréhensible. Nous voudrions que cette mesure soit supprimée et que l’ONPI soit partie prenante dans l’attribution du foncier qui est destiné aux différents projets à travers l’ensemble des wilayas.

 

Les dirigeants de l’ONPI ont fait part d’une recommandation pour réévaluer le prix du mètre carré des logements sociaux. Quel en est le but ?
Je pense qu’il y a une logique, ce n’est pas de l’appréciable, c’est du mesurable. Les prix des matériaux ont tous augmenté. Il est logique qu’il y ait une répercussion sur le prix de revient et donc sur le mètre carré. Nous demandons un réajustement des prix, leur révision s’impose d’elle-même. Les experts doivent définir le coût réel de revient et, pourquoi pas, associer l’ONPI. Notre organisme est composé d’au moins 50% d’ingénieurs et d’architectes qui peuvent mettre à profit leurs compétences.

L’Algérie tend à être en autosuffisance en ciment. Est-ce une bonne nouvelle pour les coûts de réalisation?
Ce n’est pas une question de disponibilité mais une question de coût. Tous les prix des matériaux ont augmenté, nous n’avons pas la possibilité d’obtenir des terrains dans les meilleures conditions possibles et la main-d’œuvre n’est pas disponible ou bien son coût est élevé. Sans oublier que les charges ont augmenté, notamment avec la nouvelle TVA.

Toujours à propos de coûts, comment est réellement défini le prix du mètre carré de l’immobilier en Algérie?
Le paramètre essentiel de définition du prix du mètre carré reste le foncier. Le prix de revient du mètre carré dépend du type de construction, social, promotionnel ou de luxe. La qualité des matériaux entre en compte dans la définition des prix. Le prix de revient est un critère, ensuite le marché de l’immobilier à son tour joue un rôle avec la règle de l’offre et de la demande.

Les chantiers de constructions en Algérie sont de plus en plus nombreux au point de constater une certaine anarchie. Quel est votre avis?
Ceci n’est pas de notre ressort. Nous, en tant que promoteurs immobiliers, nous construisons sur des périmètres qui sont définis dans le cadre du Programme de développement et d’aménagement urbain (PDAU, Ndlr). Le lot est défini par un certificat d’urbanisme qui, lui-même, spécifie le nombre d’étages, le taux d’occupation au sol et le respect vis-à-vis de l’environnement. Si on respecte ça, on n’a rien à craindre. Les experts qui ont établi le PDAU sont compétents.

Et comment remédier au bâti non achevé ?
Il faut chercher les causes. Au niveau du privé, c’est généralement le motif financier qui engendre le non-achèvement de la réalisation foncière. Concernant les bâtis de l’Etat, l’ONPI est prête à contribuer à l’achèvement de ces bâtis si on fait appel à elle.

 

Qu’en est-il des retards de livraison de l’ONPI ?
C’est vrai que le retard dans les délais de livraison est une réalité. Les causes sont multiples, il y a les lenteurs de certaines administrations, les lenteurs des paiements dans certains cas. Il y a aussi la défaillance de certaines entreprises de construction ou le manque de main-d’œuvre qualifiée. D’où notre demande de formation dans tous les corps d’état du bâtiment.