Il est trop tôt pour tirer la moindre conclusion de savoir si la Covid-19 a son origine en Chine, a déclaré vendredi l’Organisation mondiale de la santé (OMS). «Toutes les hypothèses sont sur la table. Il est clairement trop tôt pour parvenir à une conclusion sur l’endroit où est né ce virus, que ce soit en Chine ou hors de Chine», a déclaré le directeur chargé des questions d’urgence sanitaire à l’OMS, Michael Ryan, au cours d’une conférence de presse à Genève.

«Il existe différentes (…) observations scientifiques dans différentes parties du monde», a-t-il poursuivi. «C’est un grand puzzle et on ne peut avoir une vision d’ensemble en regardant une des 10 000 pièces d’un puzzle.»
Pour rappel, une équipe d’experts de l’OMS est arrivée, le 14 janvier, à Wuhan pour commencer à enquêter sur les origines du nouveau coronavirus meurtrier, dont les premiers cas d’infection avaient été détectés, fin 2019, dans cette ville du centre de la Chine. Les membres de la mission avaient été acheminés dès leur arrivée dans un hôtel pour y observer une quarantaine de deux semaines. Depuis, ils travaillent à distance et dès la quarantaine achevée, ils devraient pouvoir se rendre sur des sites et rencontrer leurs contacts chinois.
La Chine a, à plusieurs reprises, laissé entendre que le virus serait apparu hors de ses frontières. Il a, jusqu’à présent, tué plus de deux millions de personnes dans le monde, en a infecté des dizaines de millions et a durement affecté l’économie mondiale. «Notre équipe est sur le terrain, le travail avec nos collègues chinois se passe bien. Nous examinons les données», a dit M. Ryan. «Il est trop tôt pour parvenir à des conclusions mais nous avons le sentiment de progresser un peu et nous espérons continuer ainsi dans l’intérêt de la santé publique et de l’avenir».
Les déclarations de l’OMS interviennent un an, jour pour jour, après le spectaculaire confinement décrété à Wuhan (Chine), désormais débarrassée du coronavirus depuis mai dernier, même si un regain épidémique limité s’est matérialisé, ces derniers jours, dans d’autres régions de Chine. Pékin a entamé vendredi le dépistage de deux millions de ses habitants après quelques cas de Covid, dont certains du variant anglais. Mais à Wuhan, l’ambiance est désormais à la fête après un confinement strict, sans précédent dans l’Histoire, ayant vidé entièrement les rues de cette ville de 11 millions d’habitants.
Ailleurs qu’en Chine, le coronavirus continue de se propager et d’inquiéter davantage avec l’apparition d’un variant considéré comme plus contagieux alors que les campagnes de vaccination suscitent la polémique d’un pays à l’autre en raison notamment des retards de livraison des antidotes. Après un pic, la pandémie a pourtant décéléré partout dans le monde cette semaine (634 200 nouveaux cas quotidiens en moyenne, soit -12%), sauf en Amérique latine, où la ville de Rio de Janeiro a renoncé à organiser, cette année, son traditionnel carnaval. L’épidémie a fait 2 092 736 morts et contaminé plus de 97 millions de personnes, selon un comptage de l’AFP. L’Europe et l’Amérique du Nord concentrent les deux-tiers des nouvelles contaminations. <