A peine 10% des travailleurs perçoivent près de la moitié des rémunérations mondiales, tandis que les 50% des travailleurs les moins bien rémunérés n’en touchent que 6,4%, a démontré récemment une analyse de données de l’Organisation internationale du travail (OIT), basée à Genève.  Les 20% de travailleurs qui ont les plus faibles revenus, environ 650 millions de travailleurs, gagnent moins de 1% des revenus du travail à l’échelle mondiale, un chiffre quasiment inchangé en 13 ans, selon les premières estimations de la distribution du revenu du travail livrées par ce rapport.

« Les inégalités salariales demeurent un phénomène répandu dans le  monde du travail », souligne le document qui ajoute qu’en termes relatifs,  ces augmentations des plus hauts revenus du travail s’accompagnent de  pertes pour tous les autres. « Les travailleurs de la classe moyenne et ceux qui touchent les plus bas salaires voyant leur part de revenu reculer », a déclaré Steven Kapsos, chef de l’Unité de la production et de l’analyse des données de l’OIT.

Cette nouvelle série de données de l’OIT a montré que les inégalités globales des revenus du travail à l’échelle mondiale ont reculé depuis 2004.   « Cependant, ce n’est pas dû à une réduction des inégalités au sein des pays, au niveau national, les inégalités salariales continuent même d’augmenter.       Ce recul s’explique plutôt par la prospérité grandissante dans les vastes économies émergentes, à savoir la Chine et l’Inde », a précisé  l’Agence onusienne basée à Genève.

Selon ce document de l’OIT, les pays présentant les répartitions les  plus inégales sont la République démocratique du Congo, la Côte d’Ivoire,  le Libéria, le Niger et l’Ouganda.  « La majorité des travailleurs dans le monde souffre d’une rémunération  étonnamment basse et pour beaucoup d’entre eux avoir un emploi ne veut pas  dire gagner suffisamment pour vivre », a fait valoir Roger Gomis, économiste  au Département de statistique de l’OIT.