Sous l’effet du ralentissement de la croissance économique, le chômage dans le monde devrait renouer avec la tendance haussière durant l’année en cours pour atteindre 190,5 millions de personnes, indique l’Organisation internationale du travail (OIT) dans un rapport publié hier.
Une tendance haussière qui interviendrait après neuf années d’évolution stable, souligne l’OIT, précisant que le nombre de chômeurs devrait augmenter d’environ 2,5 millions en 2020, car «à mesure que la main-d’œuvre augmente, les emplois créés ne sont pas suffisamment nombreux pour absorber les nouveaux arrivants sur le marché du travail», explique l’organisation
La «sous-utilisation de la main-d’œuvre» a, elle, touché plus de 470 millions de personnes dans le monde l’an dernier, relève encore la même source, ajoutant qu’outre les 188 millions de chômeurs, cette notion englobe les 165 millions de personnes ayant un emploi mais qui souhaiteraient travailler davantage et les 120 millions qui ne sont pas classées comme chômeurs mais qui pourraient trouver un emploi dans un avenir proche. Autrement dit, «pour des millions de gens ordinaires, il est de plus en plus difficile de vivre mieux grâce au travail», a déclaré le directeur de l’OIT, Guy Ryder, en conférence de presse. «La persistance et l’ampleur de l’exclusion et des inégalités professionnelles les empêchent de trouver un emploi décent et d’accéder à un avenir meilleur. C’est un constat extrêmement préoccupant qui a des répercussions lourdes et inquiétantes sur la cohésion sociale» au sein des pays, a-t-il relevé.
De plus, poursuit la même source, l’accès à un travail rémunéré n’est pas non plus une garantie de travail décent : environ 61% de la main-d’œuvre mondiale occupent des emplois informels, mal payés et n’offrant que peu ou pas d’accès à la protection sociale et aux droits au travail. L’augmentation des manifestations dans de nombreuses régions l’an dernier «montre que le mécontentement à l’égard de la situation sociale, économique ou politique est en hausse», s’inquiète l’OIT.
En Algérie, les derniers chiffres de l’Office national des statistiques (ONS), livrés en décembre dernier, font état d’un taux de chômage de 11,4% atteint en mai 2019, soit 1 449 000 de personnes. Avec ces nouveaux chiffres, le taux de chômage «officiel» a connu une légère baisse en comparaison à l’année dernière, à savoir en septembre 2018, où il avait atteint les 11,7% de la population, soit 1,462 million d’Algériens étaient déclarés officiellement «sans emploi».
Toutefois, la crise économique que traverse le pays depuis des mois, poussant à l’arrêt, ou au ralentissement, des activités dans plusieurs secteurs économiques, a sans doute fait repartir à la hausse le chômage dans notre pays.