PAR INES DALI
Les ressources pétrolières et gazières peuvent être mieux exploitées, mais faute de financements suffisants, elles ne le sont pas en ces temps de crise et de réduction des investissements étrangers. Ce constat a marqué l’ordre du jour de la 43e session ordinaire du Conseil des ministres de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO), tenue vendredi et à laquelle a pris part, par visioconférence, le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab.
La transition énergétique à long terme en Afrique était l’autre question importante abordée lors de cette réunion. Mais les «défis imminents» identifiés restent le développement de «l’industrie pétrolière et gazière» auxquels seront confrontés les pays africains producteurs d’hydrocarbures, étant donné que les financiers internationaux investissent de moins en moins dans cette industrie. Trouver des capitaux pour financer les projets pétroliers et gaziers se pose donc comme un défi pour l’Afrique, a indiqué le ministère de l’Energie et des Mines dans un communiqué.
A l’issue des travaux de la 43e session du Conseil de l’APPO, qui a vu trois nouveaux pays rejoindre l’Organisation, décision a été prise de revoir la stratégie pour parvenir à réunir conjointement les capitaux indispensables pour assurer des financements propres des industries hydrocarbures. «L’Afrique devrait revoir sa stratégie, car la donne change rapidement», ont relevé les membres du Conseil. L’Afrique doit, en outre, «chercher en son sein l’expertise, la technologie, le financement et les marchés pour ses ressources énergétiques», a précisé le ministre de l’Energie et des Mines.
L’avenir énergétique devant être basé sur le développement des énergies nouvelles et renouvelables, les ministres de l’APPO ont, également, abordé la question de la transition énergétique lors de cette session 2022 présidée par le président de l’Organisation, Diamantino Pedro Azevedo, ministre des Ressources minérales, du Pétrole et du Gaz de la République d’Angola.
Concernant cette stratégie relative à «la transition énergétique à long terme» en Afrique, «les ministres africains ont reconnu la réalité du changement climatique et ont exprimé leur soutien à tout effort humain visant à lutter contre les dangers du changement climatique», selon la même source. Ils ont également souligné «la nécessité de recourir aux technologies qui permettent l’utilisation de combustibles fossiles avec une empreinte carbone minimale».
Dans ce cadre, les ministres africains de l’Energie ont annoncé leur décision d’aller avec «une position africaine commune» liée à l’exploitation des hydrocarbures «à travers l’Union africaine pour la présenter à la COP 27» qui se tient du 6 au 18 novembre 2022 à Charm El-Cheikh en Egypte, a fait savoir le ministère de l’Energie et des Mines.
A l’instar des autres pays membres de l’Organisation des producteurs de pétrole africains, l’Algérie a salué l’adhésion de trois nouveaux membres à part entière de l’APPO, à savoir le Ghana, la Namibie et le Sénégal qui a participé deux ans durant à ces réunions avant de faire sa demande d’adhésion en octobre 2022. La compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach a signé, le 2 novembre, deux mémorandums d’entente avec le Sénégal, pays où ont été découvertes d’importantes réserves pétrolières et gazières estimées respectivement à 3 milliards de barils et 450 milliards de mètres cubes, et dont le démarrage de la production pour les deux ressources est attendu pour 2023.
Avec les trois nouveaux pays qui y ont adhéré, l’APPO totalise 18 membres. Elle a été fondée en janvier 1987 à Lagos (Nigeria) par huit pays, à savoir l’Algérie, l’Angola, le Bénin, le Cameroun, la République du Congo, le Gabon, la Libye et le Nigeria.
Sa mission est de promouvoir la coopération entre les pays membres et autres institutions internationales dans le domaine des hydrocarbures et d’encourager une collaboration fructueuse ainsi que des partenariats. n