Le ministre de l’Education nationale Mohamed Ouadjaout a reçu, hier, les représentants de trois syndicats nouvellement agréés pour une prise de contact et de débat de leurs préoccupations liées aux volets pédagogique, social et professionnel. Il s’agit des syndicats des inspecteurs, des intendants et d’une organisation de parents d’élèves.
Le ministre a entamé ces rencontres depuis février dernier avec 16 syndicats du secteur, des discussions qu’il poursuit avec les nouveaux syndicats. Toutefois, à dix jours de l’amorce de la rentrée scolaire 2020/21 fixée le 21 octobre pour le palier primaire, les collectifs déjà ancrés dans le paysage se disent dans le « flou en ce qui concerne l’organisation de cette rentrée, la mise en application du protocole sanitaire dans les établissements scolaires et l’adaptation des horaires de travail ; des questions qui restent en suspens pour la communauté éducative. « Aucune date ni précision ne nous est communiquée pour débattre de l’organisation de la rentrée scolaire, notamment des questions restées en suspens et qui préoccupent les syndicats et les parents d’élèves », nous dit Sadek Dziri, président de l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef). En somme, et pour utiliser une image qui résume sa pensée et celle de ses pairs, il suggère la mise en place d’un parcours fléché pour que tout se passe bien.
Ces syndicats attendent du ministère davantage de précisions et d’indications sur l’organisation de la reprise, la répartition des classes et le volume horaire. Pour l’Unpef, toutes les décisions que compte prendre la tutelle, qu’elles soient d’ordre technique ou pédagogique, doivent être prises dans le cadre de la concertation avec les partenaires sociaux pour que chaque acteur du secteur assume ses responsabilités pour une rentrée qui s’avère exceptionnelle. « Si on répartit les élèves en groupes, il faut un emploi du temps précis pour les enseignants et les élèves dont l’élaboration demande deux semaines », indique Nabil Ferguenis, syndicaliste du secteur qui se demande si la tutelle a pensé au volume horaire des enseignants qui dépassera les 40 heures en cas de division de chaque groupe pédagogique en sous-groupe pédagogique. Ce dernier estime toutefois que chaque établissement scolaire se doit de préparer sa rentrée scolaire indépendamment des autres écoles devant « l’impossibilité d’appliquer les mêmes modalités à tous les établissements scolaires qui ont des capacités d’accueil différentes », dit le syndicaliste, qui invite toutefois la tutelle à sortir de son « mutisme ».
S’agissant de l’obligation du port du masque à tous les élèves des trois paliers scolaires, alors qu’il a été précisé lors du Conseil des ministres que les bavettes sont obligatoires pour les élèves du lycée. Le président de l’Unpef pense que les établissements scolaires connaissent des difficultés de gestion et les proviseurs jugent le budget dont ils disposent « très dérisoire » pour mettre à exécution le protocole sanitaire. « Ce sera difficile d’assurer un masque à chacun des plus de 9 millions d’élèves que compte le pays. « Certes, le port du masque de protection a prouvé son efficacité, mais les distribuer quotidiennement à chaque élève implique des moyens financiers » que beaucoup d’établissements n’ont pas.