L’opération du tri sélectif dans la wilaya pilote d’Oran peine à se concrétiser sur le terrain, plusieurs années après l’arrivée de l’ONG R20 d’Arnold Schwarzenegger. Mais cette initiative ne se résume pas uniquement à cette ONG, puisque plusieurs opérations sont lancées par le ministère de l’Environnement, qui vise à instaurer une culture du tri sélectif dans la société.

Cela passe forcément par la sensibilisation des scolarisés des trois paliers de l’éducation, et des étudiants des universités. Dans ce cadre, une convention a été paraphée en fin de semaine dernière entre la cité universitaire 19-Mai-1956 (C3) à l’USTO et la direction de l’environnement, le centre d’enfouissement technique de Hassi Bounif, le marché de gros d’El Kerma. Le but est d’initier et d’appliquer le tri sélectif dans la cité universitaire pilote, pour ensuite généraliser l’opération à travers les autres cités. La cérémonie a vu la présence du secrétaire général de la wilaya, représentant le wali d’Oran, des élus de l’APW et du directeur de l’institut polytechnique Maurice-Audin d’Es-Sénia. Dans son allocution, la directrice de l’environnement a affirmé que « la stratégie nationale à l’horizon 2035 est en marche. La cité 19-Mai est un premier pas pour généraliser l’opération à travers la wilaya et pourquoi pas le territoire national ». Pour elle, « la cité pilote avec ses 3 réfectoires a d’ores et déjà commencé à trier les déchets organiques, cartons, plastique et métal. La quantité des déchets collectés quotidiennement est estimée à 935 kg générée par 1 192 étudiants-résidents. La quantité est dirigée vers le CET de Hassi Bounif, et on a pensé, avec la directrice de la cité, Souhila Belaouni, à se pencher vers le tri sélectif des déchets, considérés comme un gisement qu’on veut valoriser ». En chiffre, la valorisation de ces déchets peut rapporter gros, puisque selon la mercuriale des déchets fixée par le CET de Hassi Bounif, 1 tonne de plastique est estimée à 21 000 DA, 1 tonne de carton à 8 000 DA quant à 1 tonne d’aluminium, elle est estimée à 35 000 DA. En somme, l’ensemble des déchets triés est estimé à 1,3 million DA. Ce qui en dit long sur ce gisement qu’on n’a pas encore su exploiter réellement, laissant le champ libre à certains opportunistes qui en ont fait des fortunes. Selon Souhila Belaouini, la directrice de la cité pilote 19-Mai- 1956, « cette initiative est désormais notre cheval de bataille pour assainir notre environnement, le taux de déchets collectés quotidiennement nous a donné une idée d’adhérer à la stratégie nationale menée par le ministère de l’Environnement, afin d’inculquer à nos jeunes les principes du tri sélectif, et que nous souhaitons voir à travers les autres cités et même les communes de la wilaya. Notre but est de donner une nouvelle image à la ville qui s’apprête à accueillir des événements grandioses dans plusieurs secteurs, et c’est à nous de montrer l’exemple », conclura-t-elle.

L’institut Maurice-Audin présente la première poubelle intelligente

En marge de cette cérémonie, des étudiants de l’institut polytechnique « Maurice-Audin » d’Es-Sénia ont exposé leur nouvelle création, une poubelle intelligente 100% algérienne, baptisée « Probelle ». Sans hésiter, la directrice de l’environnement a pris en charge cette invention, en promettant aux jeunes étudiants de les épauler pour concrétiser ce projet, notamment en matière de sponsoring. Une bonne première pour ces jeunes, qui étaient contents de voir la satisfaction des responsables présents à cette occasion. Le directeur de l’institut a affirmé qu’il suit attentivement l’évolution de cette invention algérienne, qui aidera à maximiser le taux de déchets récoltés et minimiser le coût de la collecte, sans odeur nauséabonde, le tout avec une gérance intelligente. La poubelle propose également des pubs et des itinéraires aux riverains. La cérémonie s’est achevée avec la signature des conventions qui officialise le début de l’opération du tri sélectif au niveau des cités universitaires.