La wilaya d’Oran aspire à se frayer un chemin parmi les villes métropoles, un défi qui s’annonce rude, notamment avec l’approche de l’échéance des Jeux méditerranéens de 2021 , qui seront le repère pour El Bahia et tout le pays, concernant la capacité d’organiser un événement de telle envergure. Sur le terrain, plusieurs projets ont vu le jour, d’autres viennent tout juste d’être lancés. Les observateurs restent sceptiques quant à l’avancement de ces projets dans les circonstances actuelles du pays. L’Etat a, en effet, chargé les walis lors de la dernière réunion d’Alger, à procéder à une rationalisation des dépenses, ce qui s’est déjà reflété sur la politique de la deuxième ville du pays, qui trouve, selon son premier responsable, Abdelghani Zaâlane, beaucoup de difficultés à subvenir aux charges budgétaires de plusieurs projets lancés mais aussi subventionner les communes via le programme PCD. Selon un professeur à l’université « la métropolisation, ce n’est pas que les hôtels, les jardins et le ravalement des façades. Ces projets sont des utilités pour une si grande ville. Oran a besoin de voir plus grand pour avoir le fameux statut de ville méditerranéenne métropole. La bureaucratie est le mal qui gangrène l’administration, en plus des difficultés financières, qui, d’ailleurs, bloquent ou ajournent plusieurs projets, à l’instar du métro, l’extension du tramway et les Zones d’expansion touristiques (ZET). Même des projets qui pourtant étaient disponibles n’ont pu être réhabilités… le téléphérique, le Châteauneuf en sont la preuve». Du coup, avec tout ce temps perdu, au moment de la rente pétrolière, le rêve de la métropolisation s’éloigne un peu plus avec le gel de tous les projets, qui sont toujours inscrits sur le calepin, mais qui n’ont pas eu le budget nécessaire pour lancer les modalités de l’avis d’appel d’offres. C’est donc la fin, désormais effective de la politique des dépenses, qui a caractérisé notamment les dix dernières années, et le début de l’ère de la rationalisation qui n’épargnera aucun secteur. Même si cette nouvelle mesure purement économique a fait l’exception des programmes de développement locaux (PCD), nos spécialistes restent sceptiques quant au nombre et surtout à la qualité des opérations qui entreront dans ce cadre. 

Un coup de massue pour les P/APC qui misaient trop sur l’aide de la wilaya afin de surmonter les obstacles et réaliser certains projets d’utilité publique scandés durant la campagne électorale pour garantir les voix des électeurs. Mis à part les communes d’Oran,  Arzew, Béthioua ou encore Bir El Djir, les autres communes craignent qu’en dépit du maintien du programme PCD, le financement de l’Etat sera beaucoup moindre que d’habitude. Ce qui posera énormément de problèmes à leurs élus qui arrivent à peine à réaliser la moitié de leur programme. Sans zones d’activités en dépit de la recrudescence du nombre des petites et moyennes entreprises (PME), et sans zones d’expansion en dépit des atouts touristiques qu’elles recèlent, les communes qui n’ont, pour la plupart, pas été à la hauteur durant le mandat en cours, devront faire avec les moyens du bord.