La tension, pour ne pas dire pénurie, sur certains médicaments indisponibles à travers les officines persiste. Un problème coriace notamment lorsqu’on sait que l’Algérien ne fait pas tout à fait confiance au « Made in Algeria ». Pour pallier cette situation, les malades ont recours, comme par le passé, au fameux « cabas ».

Ainsi, les ordonnances sont commandées de l’autre côté de la Méditerranée, pénurie oblige. Si ce n’est pas des proches de la famille qui se chargent de ramener ces remèdes, c’est aux pharmaciens du coin de s’en occuper, pour servir leurs fidèles clients. Une laborieuse situation pour les officines de la wilaya, bloquées entre les demandes de leurs clients et les restrictions faites sur l’importation de certains médicaments fabriqués en Algérie. Une situation qui a ouvert la voie à une alternative pour les pharmaciens et même les particuliers qui profitent de la rupture de stock pour faire du « trabendo » avec les potentiels clients.
Ces dernières semaines plusieurs quantités de médicaments ont été saisis par les services des Douanes au port d’Oran, car dépassant l’utilisation personnelle, destinés à la vente informelle. Selon un pharmacien interrogé sur cette situation : « L’Etat a un but purement économique en freinant les importations, ça c’est clair, mais avant de passer à l’action, il fallait au moins s’assurer que toutes les marques sont produites localement, et que le patient ne sortira pas bredouille de la pharmacie. Vous savez, un pharmacien qui ne satisfait pas l’ordonnance peut perdre son client. » Et d’ajouter : « La même chose pour les médecins qui, eux, continuent à prescrire des médicaments qui ne sont plus disponibles.
Certains consultent même les dictionnaires des remèdes pour arriver à trouver le bon traitement, mais une fois l’ordonnance entre nos mains, la réponse est négative pour plusieurs marques, d’où la carence.» La décision du ministère de baisser la facture des importations des médicaments s’est reflétée donc négativement sur la prise en charge des malades. En chiffres, le Directeur général de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) a annoncé que la facture globale des médicaments pourrait se chiffrer à 96 milliards de dinars en 2018, contre 88 milliards en 2017 et 14 milliards en 2014.
Il assure, par ailleurs, que l’approvisionnement en médicaments destinés au traitement de toutes les pathologies est «assuré sans accrocs» cette année. A propos des ruptures récurrentes observées ces dernières années sur certains médicaments, le responsable les impute aux fournisseurs.
La pression est donc mise sur les épaules des laboratoires nationaux qui devront relever le défi et parer à ces pénuries à travers des médicaments appelés dans le jargon médical ‘génériques’, mais cela risque de prendre du temps. Selon des citoyens, la marque originale d’importation reste la plus efficace. Pour cela, les affairistes du « cabas » ont de beaux jours devant eux, puisque la demande des pharmaciens et des particuliers augmente sur les médicaments d’importation désormais interdits en Algérie. La preuve, des pages sur le réseau social le plus suivi par les Algériens, en l’occurrence facebook, sont très actives. Elles proposent des médicaments « européens » sur commande, et bien évidemment à un prix très élevé, mais quand ça concerne la santé tous les moyens sont bons pour avoir un remède !