Le port d’Oran a maintenu, en cette période de crise sanitaire, son volume d’activités commerciales en dépit de la réduction de près de la moitié de ses effectifs, dans le cadre des mesures de lutte contre la contamination et la propagation du Covid-19. «Le personnel en poste a relevé le défi de maintenir le même rythme d’activités que dans le passé, tout en respectant scrupuleusement les consignes de prévention contre la pandémie», a indiqué à l’APS le P-DG de l’entreprise du port d’Oran (EPO), Mokhtar Kourbaa. L’entreprise a décidé de libérer pour le confinement 45% de ses effectifs, soit 2.344 travailleurs. Cette mesure a touché essentiellement les personnels administratifs et les agents de soutien. Les travailleurs des services techniques et de la sécurité ainsi que tous les agents s’occupant des opérations de chargement et de déchargement ont été maintenus dans leurs postes pour ne pas entraver l’activité commerciale de l’entreprise, a-t-on expliqué. Pour ce faire, l’EPO a mis à la disposition de ces personnels tous les moyens de protection sanitaire (blouses, gants, masques et lunettes) et assuré leur transport vers les lieux de travail avec la mobilisation des moyens de l’entreprise ou la location de bus privés. Les heures de travail ont été également aménagées pour assurer, par équipes, une même cadence d’activités sans interruption.
Durant le 1er trimestre de l’année en cours, le port d’Oran a enregistré une hausse du volume des importations en dépit de la pandémie du Covid-19. Cette hausse est de l’ordre de 17 % par rapport à la même période de l’exercice précédent et de l’ordre de 11% pour le seul mois de mars de l’année en cours, marqué par le durcissement du dispositif anti-Coronavirus. Ces importations ont concerné notamment 80.851 tonnes de vrac liquide (- 12 %), 1.231.375 tonnes de vrac solide (+33 %) et 1.340.180 tonnes de vrac divers (+8%), sachant que les céréales représentent une grande part de ces importations. Néanmoins, la crise sanitaire a influé négativement sur le volume des exportations, dont la baisse a été estimée à 25 % durant la même période pour les produits en vrac liquide (1.500 tonnes), à – 30 % pour les produits en vrac solide (31.200 Tonnes) et à – 40% pour les produits divers en vrac (100.585 tonnes). Le P-DG de l’EPO a précisé que l’acier, le ciment et le clinkers constituent les principales exportations à partir du port d’Oran. Concernant le mouvement des navires, le responsable a indiqué que durant le premier trimestre de l’année en cours, il a été enregistré une moyenne mensuelle de chargement de 90 navires, soit le même nombre que celui des précédents exercices. Par ailleurs, la crise sanitaire a eu des répercussions négatives sur l’avancement du projet d’extension du terminal à conteneurs, pris en charge par un groupement algéro-chinois. Le projet enregistre actuellement un taux d’avancement de l’ordre de 92 PC. Devant être réceptionné au 1er semestre 2020, le chantier sera livré finalement à la fin de l’année en cours. Ce retard est du au blocage en Chine des ouvriers, partis célébrer en famille l’avènement de leur nouvelle année. Le projet, une fois opérationnel, permettra à l’infrastructure portuaire d’accueillir des navires de gros tonnage ayant une capacité de transport entre 4 et 8.000 conteneurs. — Mesures préventives strictes — Les infrastructures et les équipements du port d’Oran, s’étendant sur une superficie globale de 80 hectares, font l’objet, tous les deux jours, d’opérations de désinfection dans le cadre des dispositions de lutte contre la pandémie, a assuré pour sa part le responsable de la sécurité interne, Medaoui Hakim. Au titre du dispositif préventif décidé dès le début de la crise sanitaire, les responsables de l’EPO ont installé, dès janvier dernier, une commission composée d’un médecin, des directeurs de la capitainerie et de la sécurité interne du port, ainsi de représentants de la police, des garde-côtes et des douanes. Elle est chargée de prendre et de mettre en œuvre toutes les mesures de prévention et de lutte contre le Covid-19. De son côté, le responsable de la capitainerie du port, Belhoul Mohamed, a affirmé que l’accès aux quais n’est autorisé qu’après la présentation de documents attestant la bonne santé de l’équipage et un historique récapitulant les différentes escales du bateau. Des contrôles médicaux sont également effectués à l’arrivée et au départ des personnels navigants étrangers. Par ailleurs, dans le souci de limiter les mouvements au sein du port, la commission de sécurité a réduit de 50 pour cent le nombre d’autorisations d’accès octroyés aux différents intervenants ayant une relation avec les activités portuaires comme les opérateurs économiques, les experts maritimes et autres. En cette période de crise sanitaire, les responsables de l’EPO veillent à concilier les ambitions d’assurer une activité commerciale continue du port et le souci de préserver la santé des travailleurs et des partenaires par un respect strict des dispositions de prévention. Un challenge que l’entreprise a relevé sans difficulté.(APS)