D’un scandale à un autre, le mandat actuel des APC a été caractérisé par l’anarchie, l’insouciance et le laisser-aller. En dépit des nouvelles mesures instaurées par l’Etat, visant à remettre de l’ordre au sein des collectivités locales, les scandales ne cessent de défrayer la chroniqaue. Le dernier en date a secoué la commune d’El Braya, relevant de la daïra d’Oued Tlélat, dans lequel le P/APC a été accusé d’abus de pouvoir et de dilapidation de deniers publics.


L’affaire a éclaté il y a deux mois, lorsque le responsable mis en cause avait attribué un marché pour la réhabilitation du réseau d’assainissement d’une valeur de 800 millions de centimes de gré à gré à une entreprise fictive. L’entreprise n’a pas entamé les travaux et le projet en question n’a jamais vu le jour. La Brigade de recherche et d’investigations de la Gendarmerie nationale, qui a mené l’enquête pendant plusieurs semaines, a transféré le dossier au tribunal d’Es-Sénia. Selon nos sources, le procès, qui devait avoir lieu lundi, a été finalement reporté au 12 du mois courant. Le P/APC d’El Braya s’ajoute donc à une grande liste des présidents d’APC qui ont profité de leur poste, pour servir leurs intérêts personnels. De Hassi Bounif à Aïn Türck et Mers El Kébir, en passant par Bir El Djir, l’abus de pouvoir a prévalu au détriment de l’intérêt général et le service du citoyen, qui est la première mission de ces élus du peuple. Les communes donc changent et le scandale est le même, ces responsables finissent pour la plupart devant le juge. La moitié des 26 communes de la wilaya d’Oran était déjà touchée par la corruption, avec 13 présidents d’Assemblée populaire communale sont poursuivis en justice, pour divers chefs d’accusation, en rapport avec la corruption, comme passation de marchés, en violation du code des marchés, dilapidation et détournement de deniers publics. Au niveau national, 65 P/APC sont en prison, 1 423 élus locaux ont maille à partir avec la justice, pour des chefs d’accusation divers, allant de la mauvaise gestion à la dilapidation des deniers publics, en passant par des fautes professionnelles. 532 de ces élus locaux ont été jugés et condamnés, tandis que les autres sont en instance de jugement, leurs affaires, faisant toujours l’objet d’enquêtes judiciaires. La wilaya d’Oran est en tête au niveau national par le grand nombre d’élus poursuivis avec ses 13 P/APC. Elle est suivie par la wilaya de Tlemcen. Des  P/APC et des élus poursuivis pour s’être livrés à de « vastes accaparements de biens immobiliers par des voies détournées et graves». C’est le cas de la Corniche oranaise, où « la plupart des présidents d’APC et même d’élus font l’objet de poursuites judiciaires et d’enquêtes». Les élus des APC et APW sont censés faire une déclaration de biens, selon les dispositions de la loi. Pour rappel, l’article 43 du code communal prévoit que l’élu qui fait l’objet de poursuites judiciaires « pour crime ou délit en rapport avec les deniers publics, ou pour atteinte à l’honneur, ou ayant fait l’objet de mesures judiciaires ne lui permettant pas de poursuivre valablement l’exercice de son mandat électif, est suspendu par arrêté du wali, jusqu’à intervention de la décision définitive de la juridiction compétente ».