L’opération de réhabilitation des immeubles du centre-ville, lancée depuis plusieurs années, touche désormais les grandes artères de la ville, à l’instar de Larbi-Ben M’hidi et la rue Mohamed-Khemisti. Au premier constat, cette initiative redonne de l’éclat à la ville qui commençait à prendre des rides, mais l’envers du décor dévoile plusieurs anomalies.

C’est le cas de l’immeuble n°19 de la rue Larbi-Ben M’hidi dont les habitants ont affiché leur mécontentement, suite aux défaillances observées dans les travaux de réhabilitation effectués il y a quelques semaines. Sur place, nous avons constaté de près la qualité des travaux contestés et réalisés par une entreprise algérienne. Paradoxalement, la même entreprise effectue actuellement les mêmes travaux dans l’immeuble voisin, où la qualité des travaux est bien «meilleure » que celle de l’immeuble en question. C’est d’ailleurs ce qu’a affirmé un résident qui a pointé du doigt l’entreprise qui, selon lui, a complètement défiguré l’aspect architectural de cet immeuble qui date de l’ère coloniale. «Ils auraient dû laisser l’immeuble dans son état initial, sachant que nous avons déboursé 18 millions de centimes pour rénover la cage d’escalier et les parties communes de l’immeuble. Quand on a suggéré à l’entreprise de ne pas toucher aux parties déjà rénovées, ils nous ont rassuré que les travaux seront de bonne qualité, mais ce n’est pas le cas », dira notre interlocuteur. Dès l’entrée du bâtiment, nous avons constaté «le bâclage » des travaux, des câbles d’électricité non fixés, le réseau de gaz mal placé, des boîtes de dérivation détachées, des murs mal finis, une rampe d’escalier qui risque de se détacher à tout moment et des bordures en bois mal posées dans les escaliers. Les habitants rencontrés sur place nous ont fait part de leur frustration. Rappelons qu’un cadre de l’OPGI a effectué une visite sur place, où il a fait un constat amer concernant la qualité des travaux. Les habitants espèrent l’intervention des services concernés pour rectifier le tir. Ce cas a remis au-devant de la scène le choix des entreprises réalisatrices et du suivi censé être effectué par l’Office de la place Kléber. Surtout que ce défi de la restauration des immeubles du centre-ville, notamment, fait la fierté des responsables de la wilaya et ceux de l’OPGI. Mais avec ce genre de travaux jugés de qualité médiocre, la fierté risque de virer à la déception.