Commerçants, mandataires et détaillants ont annoncé la couleur en ce premier trimestre 2018. Faisant fi des mises en garde par l’Etat, ils n’ont pas hésité à augmenter les prix des fruits et légumes. Un tour à travers les marchés de la ville d’Oran suffit pour se rendre compte que la mercuriale a vraiment pris l’ascenseur ces derniers jours.

Officiellement, les responsables de l’Etat affirment que cette hausse est injustifiée, du coup, des brigades sont sur le terrain afin de veiller sur la régularité des prix. Les mandataires nient être derrière cette hausse des prix, accusant les détaillants d’augmenter les prix à leur guise. Ces derniers pointent eux aussi du doigt les grossistes de leur proposer une marchandise chère avec une petite marge de bénéfice. Selon les observateurs, l’Etat doit réagir afin de reprendre la main sur la situation et apaiser la tension sur les ménages, qui ont accueilli cette année avec une série de mesures, taxes et augmentations sans précédent, apportés par la nouvelle loi de finances. Un coup dur pour le budget, des fonctionnaires qui peinent à « résister » jusqu’à la fin du mois. La tomate et la pomme de terre, deux produits essentiels pour les ménages, sont constamment touchées par la hausse des prix inexplicable. L’anarchie a donc touché les secteurs clés du commerce et de l’agriculture, de quoi interpeller les responsables à passer à l’acte pour mettre un terme à la spéculation qui gangrène nos marchés. Des légumes, une viande et un dessert, un slogan faisant plus spot publicitaire que nécessité nutritionnelle, pour faire d’une assiette, un repas équilibré. C’est du moins, ce que nous prescrivent les nutritionnistes et les médecins pour assurer une bonne et saine alimentation à nos enfants. La réalité, est bien sûr tout autre. Le panier des chefs de famille devient difficile à remplir pour satisfaire cet équilibre. Pendant ce temps, le ministre de l’Agriculture et celui du Commerce mettent en garde les mandataires et les détaillants, les accusant directement d’être derrière la dégradation du pouvoir d’achat et la puissance du marché informel et des spéculateurs. Le slogan «gagnant-gagnant » sonne vraiment creux ces derniers temps. Et pour cause, pour ce qui est des produits alimentaires et principalement les fruits et légumes, on constate aisément, que le seul gagnant dans la partie, c’est le marché informel et de fait, les spéculateurs avec leur mainmise sur un secteur qui échappe et qui a vaincu tous les dispositifs de contrôle.