La bataille des législatives bat son plein à J-80 du rendez-vous électoral, les grosses cylindrées de la politique algérienne se sont lancées dans une course contre la montre, afin d’accaparer la majorité des sièges de l’Assemblée populaire nationale (APN).

Cela passe forcément par la liste qui sera présentée notamment, dans les grandes villes, où la guerre des coulisses bat son plein. C’est le cas à Oran, où les responsables des partis politiques accordent une grande importance à cette joute électorale pour tirer leur épingle du jeu. El Bahia connaît un jeu de coulisses très intense. Des sources affirment que des deals se concluent, pour s’assurer une place dans la liste qui représentera notamment le FLN et le RND, les deux gros prétendants qui se disputent la majorité à l’APN. Mais combien vont coûter ces places ? Des rumeurs font état que de grandes sommes sont mises sur la table des partis politiques. Autrement dit, le spectre de l’argent est toujours présent dans la préparation des listes électorales, même les partis «Petits Poucets» n’y échappent pas. On parle même de réunions fermées avec, à la clé, des sommes colossales. Du côté des secrétaires généraux et autres présidents de parti, l’heure est au «blindage» car la liste présentée dans chaque wilaya sera primordiale, pour tracer leur avenir politique. Lors de leur dernière sortie médiatique, Djamel Ould Abbès et Ahmed Ouyahia ont affirmé que la «ch’kara», présente en force lors des dernières échéances électorales, n’aura aucun rôle à jouer à la faveur de tel ou tel parti. Si le responsable du vieux parti a affirmé qu’il a tout fait pour empêcher la mainmise des hommes d’affaires sur les résultats des urnes, dans l’autre camp, son rival du RND a jeté un pavé dans la mare en affirmant que les listes du FLN sont dominés par une partie de la société connue pour l’argent sale, tout en prenant la défense des hommes d’affaires partisans du Rassemblement, qui, selon lui, sont des riches «sains».

Quand des hommes d’affaires s’immiscent dans la politique
« Entre valeurs morales et argent sale, l’équation est impossible », car «on ne peut pas attendre grand-chose, si les hommes d’affaires s’immiscent dans la politique », résume un professeur à l’université d’Oran. Il affirme que le premier but de ces gens est d’être proches de l’Etat et des ministres, afin que leur chiffre d’affaires augmente et tant pis pour le simple citoyen, qui sera obligé de choisir son camp et le candidat qu’il espère être sa voix à l’APN. Ce même citoyen va réaliser, à l’instar des précédents mandats, qu’il n’a fait qu’aider à ajouter l’eau à la mer, comme dirait l’adage. La présidente du Parti des travailleurs a déclaré, avant-hier, que ces législatives seront très spéciales cette année, au vu de la conjoncture politico-économique que traverse le pays. La campagne des partis politiques va se baser sur cet aspect. La première femme candidate à la présidentielle n’a pas raté l’occasion pour tirer une fois de plus la sonnette d’alarme sur la main basse des oligarques sur la politique du pays, et tout ce qui peut en résulter. En attendant l’officialisation des listes qui représenteront chaque parti, le jeu des coulisses bat son plein, et sera décisif dans l’élaboration de la nouvelle classe politique du pays.