Les autorités locales à Oran sont confrontées à un véritable casse-tête, comment empêcher la prolifération des bidonvilles ? La question se pose d’autant plus au wali d’Oran et à son équipe que la métropole de l’Ouest et sa proche périphérie vivent actuellement au rythme du relogement social.

Des milliers d’appartements sociaux sont distribués depuis plusieurs jours dans le cadre d’une campagne programmée depuis des mois dans le but d’éradiquer l’habitat précaire. Mais les résultats sont loin d’être probants. A chaque bidonville éradiqué, un autre prend sa place, le plus souvent au même endroit comme cela se passe actuellement à Ras Al Aïn, «Les Planteurs». Les baraquements évacués par leurs anciens occupants, aujourd’hui relogés dans la commune de Oued Tlélat, sont à nouveau squattés par d’autres personnes. Une situation devenue ordinaire et qui prend des allures de fièvre à chaque opération de distribution de logements sociaux.
Le problème à Ras El Aïn, cette fois, est que les autorités locales n’ont pas cru nécessaire de suivre correctement les opérations de démolition des baraques et autres refuges de fortune qui sont là depuis des lustres.
Ce qui a conduit d’autres familles à venir immédiatement les occuper dans le but de bénéficier, à leur tour, d’un logement. D’où la question, souvent posée, mais sans réponse correcte, sur les moyens de contrôle mis en place pour empêcher des personnes déjà logées ou provenant d’autres communes et même d’autres wilayas, à occuper d’anciens squats ou à en créer de nouveau. Avec des conséquences désastreuses sur le paysage urbain et l’aménagement des territoires des communes. Actuellement, on recense 30 sites gangrenés par des bidonvilles, des endroits de mal-vie susceptibles de gagner en ampleur si la situation actuelle perdure. Une prolifération anarchique de l’habitat précaire, des surfaces foncières importantes occupées n’importe comment et au mépris des logiques d’urbanisme et de sécurité et un patrimoine détourné de sa vocation d’intérêt public. n