La fête religieuse de l’Aïd El Adha coïncide cette année avec la période des grandes chaleurs du mois d’août. Pour les Oranais, la mésaventure de la viande putréfiée qui a défrayé la chronique lors des deux dernières années est toujours dans les esprits, d’où leur appréhension cette année de revivre les mêmes cas.

Officiellement, la tutelle a tenu à rassurer les citoyens que cette viande putréfiée ne sera qu’un mauvais souvenir, et que la prochaine fête de l’Aïd el Adha ne verra aucun cas de viande pourrie jetée quelques heures après le sacrifice. C’est d’ailleurs une responsabilité des éleveurs qui doivent suivre à la lettre les instructions du ministère de l’Agriculture pour réussir le pari. Justement, pour éviter que le scénario de l’année dernière ne se reproduise, la tutelle, en collaboration avec les autorités locales, a désigné les points officiels de vente de bétails. L’Association pour la protection et l’orientation du consommateur et son environnement (Apoce), par le biais de son président M. Zebdi, a appelé le ministère de l’Agriculture à communiquer sur la nature du complément alimentaire importé qui a été à l’origine, ces dernières années, de la putréfaction de la viande des bêtes sacrifiées afin de définir les responsabilités. Par ailleurs, l’Apoce a recommandé aux éleveurs de suspendre les opérations de vaccination, un mois avant la consommation des bétails et de les alimenter en fourrage naturel, tout en interdisant l’usage des aliments de volaille. Il a également appelé les citoyens à achever rapidement les opérations liées au sacrifice afin d’éviter le phénomène de putréfaction, notamment au vu de la hausse des températures que connaissent plusieurs wilayas. Durant les deux dernières années, la joie de l’Aïd a eu un goût d’inachevé, suite à l’affaire de la viande purifiée et la fameuse préparation « miracle » qui rajoute à la masse pondérale des moutons, le tout dans un but purement mercantile. Leur produit dopant a été largement commercialisé et utilisé par des éleveurs inconscients. La suite, des milliers de familles se sont débarrassées de leurs moutons une fois égorgés, après que la bête ait subit des transformations de couleur noirâtre, dégageant aussi une odeur infecte quelques heures à peine après l’égorgement. Cette situation, loin d’être nouvelle, avait touché plusieurs villes et communes du pays et Oran n’avait pas été épargnée par le phénomène.