Correspondance particulière Jalil M.
Après un premier mouvement observé lundi dernier, les chauffeurs de taxi inter-wilayas sont revenus à la charge, hier, en organisant une grande protestation devant le siège de l’inspection du Travail. Garant leurs véhicules le long de la route menant vers la place Aïssa-Messaoudi, les chauffeurs de taxi revendiquent une reprise de travail, à l’instar des taxieurs de la ville. Ils affirment que la situation de la pandémie s’est allongée et ils ne peuvent pas rester sans travail.
Dès les premières heures de la matinée, des dizaines de chauffeurs assurant les lignes de plusieurs wilayas de l’Ouest se sont regroupés sur la place Aïssa-Messaoudi en face des sièges de l’inspection du Travail et de la Télévision, afin de revendiquer une reprise du travail après toute cette période d’arrêt. Brandissant des pancartes et scandant haut et fort «On va mourir de faim, on veut nourrir nos familles», une façon de lancer un message aux autorités locales, et à travers eux, aux hauts responsables de l’Etat, afin qu’ils réfléchissent à relancer le transport interwilayas dans le cadre du protocole sanitaire à l’instar de toutes les autres catégories de transport dans le tissu urbain. Selon un représentant des protestataires, «la longue période d’arrêt a touché violemment les transporteurs de taxi inter-wilayas, dont la totalité sont des responsables de famille. Depuis le début de la pandémie, plusieurs d’entre eux se sont convertis en taxi clandestin, puisqu’ils n’ont pas de quoi faire face aux dépenses quotidiennes de la vie ainsi qu’à l’entretien du véhicule». Et d’ajouter : «Regardez à quelques mètres de nous, une dizaine de voitures venues de plusieurs wilayas attendent leurs clients pour faire le voyage dans l’informel et dans l’insécurité totale, sans qu’ils soient inquiétés par la police, alors que nous, qui sommes des transporteurs réguliers vis-à-vis à la loi et des services des impôts, on chôme, ceci est inacceptable».
Les protestataires, qui n’en sont pas à leur premier mouvement, affirment qu’ils ne vont pas baisser les bras et comptent élargir leur protestation jusqu’à obtenir gain de cause auprès des responsables de l’Etat. Ils affirment qu’ils sont prêts à se soumettre à toutes les conditions qui seront imposées par le ministère de la Santé quant au respect des gestes barrières et de mettre tous les moyens au profit des voyageurs. Des mouvements ont été, rappelons-le, observés dans plusieurs autres wilayas par les chauffeurs de taxi assurant le transport inter-wilayas à l’exemple de ceux exerçant dans la wilaya de Tiaret. <