Alors que le mouvement social dans l’Education nationale se poursuit et que des négociations sont en cours entre les syndicats et la tutelle, des enseignants grévistes basculent vers les cours payants. La démarche suscite la polémique. Elle sépare les pour et les contre, mais elle tend à faire partie du paysage scolaire algérien décidément ouvert aux turbulences.
L’école primaire Cherif-Yahia de Sénia près d’Oran est parmi les établissements où des institutrices, en arrêt des cours suivant les consignes de leurs syndicats respectifs, assurent des cours payants aux élèves que les parents acceptent pour éviter d’être en retard par rapport au programme. Selon certaines sources non vérifiées, des enseignants en charge des classes de fin du cycle primaire n’hésiteraient pas à assurer les cours dans les locaux de l’établissement même où ils travaillent. C’est ce qu’affirme en tout cas une parente d’élève, mais il n’était pas possible hier de vérifier la véracité de cette accusation. Le plus sûr, cependant, est que de très nombreux élèves sont impactés par les grèves et l’instabilité qu’elles provoquent dans l’ensemble du système d’enseignement. Le recours, pour les parents d’élèves, reste celui des cours de rattrapage payants à domicile ou chez l’enseignant qui ferait coup double, terminer le programme et arrondir ses fins de mois. Une situation qui n’empêche pas les dérapages. «Rouhou tachtkou. Nous, on est en grève !», a répondu une des institutrices grévistes de l’école Cherif-Yahia a une parente d’élève qui l’interrogeait sur les raisons de renvoyer son fils de l’école le premier jour de la reprise après l’Aïd El Fitr.<