Les associations écologiques et environnementales d’Oran seraient-elles aveugles pour passer à côté d’une agression caractérisée qui se produit de nos jours dans la Zone industrielle
d’Es Sénia ?

Avant de citer les multiples et inextricables problèmes de cette zone industrielle, la première du pays avec celle d’Oued Smar à Alger, il est impératif de s’arrêter sur la grave atteinte à l’environnement et pas des moindres que vit depuis deux décennies cette zone d’activité, outre le problème de santé publique réel, un écoulement à grand débit des eaux usées à l’air libre, créant un canal qui longe toute la zone industrielle. Opérateurs économiques, Société de gestion immobilière et les autorités locales semblent totalement dépassés, chacun se rejetant la balle sans pouvoir apporter ou plutôt mettre en œuvre les réelles solutions qui mettront fin à un calvaire qui existe depuis près d’une vingtaine d’années. Il y a quelques jours, une réunion a bien eu lieu entre quelques opérateurs et des responsables de la SGI, afin de débattre une nouvelle fois des problèmes récurrents. Selon nos interlocuteurs, le problème du déversement a bel et bien été posé, mais sans plus. Entre autres problèmes soulevés, un opérateur installé à l’intérieur de la Zone industrielle d’Es Sénia nous fera part des problèmes de canalisations d’eau douce, l’absence d’avaloirs, d’éclairage public, du réseau de gaz naturel, les coupures fréquentes de courant électrique, le problème du réseau téléphonique, l’insécurité, l’état défectueux du réseau routier, l’absence d’entretien, malgré le versement des taxes par les entreprises. Certaines seraient réticentes au paiement des droits et taxes, selon une un employé de la SGI, qui nous fera aussi part de l’absence de toute implication des représentants des entreprises dans la gestion de la zone et, enfin, le plus grand problème, celui lié à l’assainissement et au réseau d’évacuation des eaux pluviales. Sur ce point précis, nous avons pu constater sur place lors de la visite des lieux, l’énorme catastrophe qui menace toute la Zone industrielle d’Es-Sénia. En effet, le réseau d’évacuation des eaux usées et des eaux pluviales étant obstrué, la remontée des eaux menace d’inonder l’ensemble des entreprises qui, rappelons-le, ont recours à des fosses septiques. Notre opérateur économique, dira qu’une demi-journée de fortes pluies cause d’énormes dégâts et provoque des inondations au niveau de la majeure partie des entreprises. Notre interlocuteur nous signalera que le réseau d’évacuation des eaux pluviales et des eaux usées existe bel et bien, mais il a été tout simplement obstrué lors des travaux de réalisation du périphérique. «Depuis, rien n’a été fait pour que les canaux d’évacuation de la zone soient raccordés au réseau principal qui ne se trouve qu’à 300 mètres selon nos informations. A maintes reprises, les opérateurs économiques activant dans la Zone industrielle d’Es Sénia ont lancé des appels en direction des responsables concernés pour intervenir et mettre un terme au calvaire qu’ils endurent depuis près d’une vingtaine d’années.
Le ras-le-bol
des opérateurs
À la demande des opérateurs économiques de la ZI d’Es-Sénia, des rencontres ont eu lieu au sein de la zone avec la participation des représentants des entreprises, de la Société de gestion des zones industrielles et d’autres représentants comme ceux de la Bourse de sous-traitance et de partenariat de l’Ouest, et ce, dans le but de porter à la connaissance des responsables locaux concernés par la gestion de la zone la situation de plus en plus préoccupante que vit cette zone.
Un opérateur dont l’avis est partagé par beaucoup d’autres opérateurs pointe du doigt la gestion de cette zone qualifiée de « catastrophique ».
« La zone industrielle d’Es-Sénia reste pourtant l’une des premières à avoir été créée à l’échelle du pays avec Oued Smar à Alger. Cette zone était, selon nos interlocuteurs, un véritable exemple en matière de gestion, il y a quelques années.
Malheureusement, aujourd’hui, la situation ne cesse de se dégrader». Pour rappel, les opérateurs de la zone industrielle d’Es-Sénia, à l’issue des nombreuses réunions et rencontres, n’ont eu de cesse d’interpeller les autorités locales et à leur tête le wali d’Oran pour la réhabilitation de cette zone, qui « non seulement connaît une dégradation continue, mais fait de plus en plus l’objet d’une absence de travaux d’entretien, aussi bien de la part de l’APC d’Es-Sénia, bénéficiaire des recettes des taxes foncières et d’assainissement de la part des entreprises, que de la Société de gestion de la zone qui réclame et perçoit des redevances importantes, sans pour autant apporter les solution pratiques qui pourraient faire sortir la zone en question des difficultés qui, pour l’heure, donne un aspect de désolation d’un espace charnier dans le développement économique de la wilaya et de fait de toute la région et du pays.