Les boulangeries d’Oran vivent une période des plus difficiles, a-t-on appris du président du Club des artisans boulangers, Fawzi Bahiche. Ce ne sont pas moins de 300 boulangeries qui vont baisser rideaux dans les jours à venir, selon les explications de notre interlocuteur, qui a affirmé également que de grosses pertes les ont poussés à cesser leur activité.

La fermeture de ces boulangeries, selon notre interlocuteur, est due à la baisse des bénéfices des boulangers : «La marge bénéficiaire n’a pas changé depuis 1996, en plus de l’augmentation du prix des matières premières, dont la levure qui a atteint 4 000 DA et l’améliorant qui dépasse 3 000 DA.» M. Bahiche a justifié son mécontentement devant cette situation : «Nous avons alerté les services concernés à maintes reprises et des dizaines de boulangeries ont baissé rideaux à Oran. Je reçois quotidiennement des appels de boulangers qui n’arrivent pas à surmonter cette situation, d’autres qui ont des dettes. Un boulanger à Oran perd 1 DA sur chaque baguette vendue», précise-t-il. Au niveau national, Fawzi Bahiche trace un bilan noir. «Plus de 5 000 boulangeries ont fermé durant les deux dernières années en Algérie.» Pour remédier à cette situation, plusieurs propositions ont été faites, selon notre interlocuteur, au ministère du Commerce : «Nous avons proposé soit d’augmenter le prix à 15 DA ou de trouver des mécanismes, pour augmenter la marge bénéficiaire. Parmi ces mécanismes, figurent la baisse du poids de la baguette de 250 à 200 g.» Avant d’ajouter : «Nous avons aussi proposé l’utilisation de la farine (3SF), composée de 75% de farine panifiable et 25% de semoule qui est moins chère, ce qui permettra d’améliorer la marge bénéficiaire des boulangers. Il existe aussi la farine T80 qui est fabriquée avec du blé tendre (avec fibres). Actuellement, la farine subventionnée est utilisée à d’autres fins, comme la fabrication des gâteaux et des biscuits. Cette farine est importée. Comment l’Etat peut-il subventionner une matière importée ?» Pour rappel, il y a quelques mois, le prix du pain a été cédé à 15 DA dans quelques wilayas du pays. L’Association algérienne de protection des consommateurs (Apoce) a été la première à réagir à la décision de certains boulangers d’augmenter le prix. Elle a désapprouvé cette décision unilatérale prise sans l’aval des autorités compétentes.
L’ancien ministre du Commerce Mohamed Benmeradi a indiqué «qu’un dossier relatif au prix du pain est actuellement à l’étude au niveau du gouvernement, afin de trouver une solution pour éviter de recourir à une augmentation du prix ». Plus de 60 boulangeries ont baissé rideaux dans la capitale de l’Ouest au cours de l’année 2017.