A Oran, les terres réservées à la production des agrumes manquent d’eau et la chambre agricole locale désigne du doigt la société de l’eau et d’assainissement d’Oran. La SEOR est accusée d’avoir fermé les puits qu’utilisaient les agriculteurs pour arroser leurs cultures, ce qui relance le débat sur le déficit hydrique dans cette région de l’Ouest algérien et la manière dont est utilisée la ressource d’eau encore disponible.

Pour le secrétaire général de la Chambre d’agriculture d’Oran, l’interdiction d’accès aux puits freine l’activité agricole. Houari Zedam, interrogé par l’APS, affirme que le programme d’extension, élaboré depuis deux ans, notamment au niveau des champs des communes de Misserghine et de Boutlélis «n’a pu être concrétisé faute d’eau , ce qui entrave le développement quantitatif et qualitatif de la filière agrumicole». «Nous avons fait appel aux autorités locales pour résoudre ce problème, d’autant plus qu’il existe des puits fermés et inexploités, que ce soit pour fournir de l’eau à la population ou pour le secteur agricole », a déclaré ce responsable, insistant sur la récupération des ressources en eau et leur exploitation pour l’extension des superficies destinées aux agrumes.
Après inspection de sept puits fermés au niveau de Messerghine et de Boutlélis qui sont gérés par la société de l’eau et d’assainissement d’Oran (SEOR), la chambre agricole a pris contact avec la direction des ressources en eau et a tenu l’an dernier une réunion au niveau du secrétariat général de wilaya pour trouver des solutions au problème d’irrigation, a fait savoir M. Zedam, déclarant que «ce problème n’a pas trouvé de solution». «L’extension des terres réservées aux agrumes s’effectuera ainsi suivant la disponibilité de l’eau d’irrigation, a-t-il ajouté, indiquant que le programme table sur une superficie de 200 à 300 hectares, surtout que la wilaya d’Oran dispose de la main d’œuvre spécialisée dans ce domaine. La production agrumicole a connu une baisse sensible durant les dernières années à cause du manque d’eau. Mais il est à signaler que plusieurs experts mettent en garde contre l’exploitation intensive de la ressource d’eau souterraine, pointant le risque d’assèchement du sous-sol puis, en conséquence, du sol cultivable. Les terres d’agrumes dans la wilaya qui occupaient auparavant 2.000 ha dont 70 % à Misserghine et Boutlélis, ont baissé actuellement à 275 ha, selon M. Zeddam qui oublie de signaler que la coulée immobilière qui a déferlé sur ces communes parmi les terres fertiles de la périphérie ouest d’Oran, jadis, a fait disparaître des terres agricoles par milliers d’hectares. Le manque d’eau n’est donc pas le seul problème posé aux agriculteurs locaux.Pour sa part, le directeur des ressources en eau de la wilaya d’Oran a expliqué à l’APS que les puits situés au niveau de la région de Messerghine « sont fermés car l’approvisionnement en eau potable de la population est assuré par l’eau de mer dessalée et du couloir Mostaganem-Arzew-Oran (MAO) »,ajoutant que « les puits sont restés (fermés) en tant que réserve en vue d’assurer l’alimentation de la population en eau potable notamment en cas de panne ».