Alors que la société étatique de transport ETO vient de lancer un nouvel appel d’offres pour l’acquisition de bus, pour desservir les lignes urbaines, les transporteurs privés grincent des dents.


Selon eux, cela va apporter un coup dur à leur chiffre d’affaires. Afin d’unir leur démarche, les transporteurs, activant sur les lignes urbaines et suburbaines, affiliés à l’Union algérienne des transporteurs (UNAT), se sont réunis en début de semaine au niveau du bureau du syndicat, pour discuter de l’appel d’offres lancé par l’ETO. Les transporteurs ont affiché leur colère contre cet appel d’offres. « Nous avons été marginalisés et exclus lors de cet appel d’offres alors que nous sommes des partenaires sociaux. Comment n’avons-nous pas été informés de l’existence de cet appel d’offres ? Des dizaines de bus sont au repos forcé à Oran à cause de la saturation des lignes. Pourquoi veut-on injecter de nouveaux bus sur ces lignes et créer de nouvelles lignes parallèles ? », dira le directeur du bureau de wilaya Cheikh Amar. Selon notre interlocuteur, les transporteurs à Oran sont dans une situation difficile. «La plupart des transporteurs ont eu leurs bus dans le cadre des programmes de l’Etat, dont l’Ansej et la Cnac, et n’arrivent pas à payer leurs dettes. Cet appel d’offres viendra encore amplifier ce problème », précise-t-il. Par ailleurs, l’UNAT à Oran a soumis ses doléances au service concerné. «Nous demandons notre implication dans cet appel d’offres et qu’il soit de gré à gré. Nous sommes prêts à nous unifier dans une seule entreprise. Il y a une condition dans cet appel d’offres qu’on refuse catégoriquement, celle qui stipule que les bus doivent avoir moins de trois ans. C’est au contrôle technique de décider parce qu’il y a des bus de 2007 plus performants que des bus chinois 2017, qui causent de plus en plus d’accidents sur les routes », dit-il. Avant d’ajouter : « Les transporteurs sont prêts à travailler pour 10 000 DA par jour, ce qui permettra d’économiser l’argent de l’Etat. Cet appel d’offres parle d’un montant quotidien de plus de 17 000 DA.» Les avis des transporteurs, présents à cette réunion étaient unanimes : «Nous dénonçons cet appel d’offres.» Les représentants des transporteurs privés lancent un ultimatum aux responsables du secteur, afin de prendre au sérieux leurs doléances et de prêter main forte aux propriétaires qui sont confrontés à une coriace crise financière.