Par Hamid Bellagha

A part la persistance de la pandémie, 2022 s’annonce sous de bons auspices. C’est du moins ce qui transparaît d’une lecture de la Loi de finances de cette année. Avec un prix de référence du pétrole à 45 Dollars et un prix du marché à 50, une croissance économique de 3,3%, une croissance hors hydrocarbures de 3,7 % ainsi qu’un taux d’inflation de 3,7 %, entre autres, 2022 promet d’être une année de référence. Les importations continueront de baisser et l’agriculture promet elle aussi des récoltes financières record.
Un tableau idyllique que l’on voudrait bien croire car, s’il est vrai que les importations baissent depuis deux ans, c’est au prix de restrictions énormes rien que dans le domaine de l’alimentation et du médicament. L’inflation intra muros que l’on maîtrisait à peine a vu l’ajout d’une autre, conjoncturelle et celle, la plus redoutable, importée, les marchés mondiaux commerciaux et de services flambant avec la reprise d’une activité économique qui était en berne du fait de la Covid-19.
Avec toutes ces gâteries, il faudra ajouter le rapport froissant de la Banque mondiale (BM), qui a relégué l’Algérie et ses réformes tout au fond de la classe.
Mauvais élève aux yeux de l’institution financière, le rapport avait quand même des relents de parti-pris, tant les rapports entre les relations de Bretton Woods et l’Algérie n’ont jamais été au beau fixe depuis des lustres. Un rapport qui a eu l’effet d’une douche froide tant le gouvernement de Benabderrahmane louait ses actions, «malgré une conjoncture sanitaire compliquée».
C’est dire que le contraste entre l’expertise de la Banque mondiale et celle des argentiers algériens est détonant. La réplique de l’Algérie n’a pas tardé avec des mises au point mortifiantes dénonçant un pamphlet politique plutôt qu’une analyse économique.
En tout état de chose, la Loi de finances de 2022 promet de rétablir des équilibres macro et micro économiques, une hausse du pouvoir d’achat avec la baisse de l’IRG et des subventions directes à l’adresse des plus nécessiteux après l’abandon prochain du soutien des prix de consommation des produits de base.
Les statistiques révélant tout mais «pas l’essentiel», il serait judicieux d’attendre la Loi de finances complémentaire, qui intervient pour quelques réajustements après l’adoption de «l’original». Et c’est là, justement, que les mauvaises surprises se révèlent.