Par Nadir Kadi
Les Directions européennes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Unicef ont recommandé, hier, de placer «les enseignants et le personnel des établissements scolaires» parmi les «groupes prioritaires» pour la vaccination contre la Covid-19. Le communiqué des deux structures onusiennes, en faisant allusion aux précédentes décisions des autorités sanitaires et politiques nationales, rappellent, en effet, que «la pandémie a provoqué la perturbation la plus catastrophique de l’histoire de l’éducation».
Le recours à la fermeture des écoles serait aujourd’hui évitable grâce à la vaccination du personnel et des élèves «porteurs de comorbidités». Le directeur Europe de l’OMS, Hans Kluge, affirme en ce sens que la poursuite de l’enseignement dans des conditions «normales» est d’une «importance capitale pour l’éducation, la santé mentale et les compétences sociales des enfants, pour que les écoles contribuent à donner à nos enfants les moyens d’être des membres heureux et productifs de la société». Appel en faveur de la mise en place de mesures sanitaires de bon sens, ainsi que d’une «stratégie vaccinale» capable de maintenir l’enseignement en présentiel, qui semble avoir été anticipé par le ministère de l’Education. Abdelhakim Belabed avait fait savoir, le 3 août dernier, que son secteur travaillait à l’accélération de la vaccination des personnels de l’enseignement en déclarant que la vaccination des enseignants, fonctionnaires et employés du secteur de l’Education nationale est un facteur essentiel pour une rentrée scolaire sécurisée à la date fixée». La mission confiée par le secteur à la Commission nationale des œuvres sociales du personnel de l’Education concerne l’ensemble du corps de l’Education, l’Enseignement supérieur et la Formation professionnelle. Le président Abdelmadjid Tebboune avait, quant à lui, indiqué dès le 8 août que la prochaine rentrée des classes était «tributaire de la vaccination de tous».
Quant aux «mesures» de protection préconisées par l’OMS et l’Unicef pour les établissements scolaires européens, il s’agit principalement de solutions de «bon sens», largement applicables dans les autres régions du monde. Ainsi en plus de «proposer le vaccin contre la Covid-19 aux enseignants et aux autres membres du personnel scolaire, en tant que groupe cible des plans de vaccination nationaux», l’OMS Europe et le bureau de l’Unicef pour l’Europe et l’Asie centrale appellent à assurer la vaccination des enfants de plus de 12 ans avec des comorbidités et à «améliorer l’environnement scolaire». Ce dernier point se résume en «8 recommandations d’experts élaborées par le Groupe consultatif technique européen de l’OMS sur la scolarisation pendant la pandémie de Covid-19», entre autres, sanctuariser les établissements scolaires qui «doivent être parmi les derniers à fermer et les premiers à rouvrir», adopter «une stratégie de dépistage» ou encore «protéger le bien-être mental et social des enfants» et «protéger les enfants les plus vulnérables et marginalisés»…
Le communiqué des deux agences, bien que très mesuré dans sa forme, reste toutefois très critique des décisions des gouvernements et autorités sanitaires qui ont eu recours aux fermetures des établissement scolaires : «Une école est bien plus qu’un bâtiment ; c’est un lieu d’apprentissage, de sécurité et de jeu (…) Lorsqu’elles sont fermées, les enfants n’ont pas la possibilité d’apprendre et de se retrouver avec leurs amis et peuvent être exposés à la violence à la maison. La pandémie n’a fait qu’aggraver une situation déjà inacceptable. Nous devons veiller à ce que les écoles rouvrent et qu’elles le fassent en toute sécurité».