Période de net recul des ressources en devises et crise oblige, les pouvoirs publics n’ont pas tardé à réagir et à user du motif de l’urgence en s’attaquant rapidement à la trop coûteuse liste des produits importés en y opérant une coupe assez remarquable.

Le mécanisme des licences d’importation et son corollaire de quotas est vite trouvé, et de nombreuses activités trop dépendantes de l’import-import ont dû être revisitées dans l’objectif d’être réorientées vers la production intra-muros, alors que d’autres activités ont vu des opérateurs économiques rentabiliser à valeur d’opportunité l’adage « à toute chose malheur est bon » pour redoubler d’efforts et améliorer leurs performances industrielles, qu’il s’agisse de secteur public ou privé. Ce qui a d’ailleurs permis de voir se réaliser quelques avancées, non négligeables pour un début, dans plusieurs secteurs et branches.
Et ce qui pourrait sans doute réjouir d’avantage dans la montée en cadence de certaines activités durant l’année 2017, c’est que celle-ci est l’œuvre de secteurs qui ont longtemps été mis sous l’éteignoir de l’importation ouverte aux produits étrangers, à coût de millions de dollars ou d’euros annuellement, mais pas forcément avec une qualité qui puisse objectivement justifier le sort réservé à la production nationale dans nos mœurs de consommation.
C’est le cas des industries textiles, des cuirs et chaussures, des industries agro-alimentaires, des matériaux de construction ou encore des industries de bois et papiers qui, plus que de renaître de leurs cendres, ont réalisé des résultats ayant tiré le secteur industriel public à la hausse durant le troisième trimestre de cette année qui tire à sa fin. Longtemps inscrits sur la liste des industries à forte valeur de fierté nationale, notamment lorsqu’ils s’épanouissaient sous la protection d’entreprises nationales performantes, les textiles ou les cuirs et chaussures made in Algéria, avaient fini par perdre leur raison d’être et de continuer d’exister face à l’offensive massive des produits d’outre-mer, impossible à concurrencer par la qualité dans certains cas ou par les prix dans d’autres. Aujourd’hui, des intervenants dans ces deux secteurs, et bien d’autres longtemps étouffés par une concurrence parfois déloyale, semblent avoir compris que la réduction des importations est avant tout une opportunité qu’il faudra saisir pour se redéployer.