Par Naïla Djazaïri
Le plan cancer 2015-2019 dz est globalement satisfaisant, selon le chef de service d’oncologie au Centre Pierre-et-Marie-Curie (CPMC). Une déclaration qui vient donner un coup de chaud aux cancéreux qui se soignent en Algérie, notamment ceux du secteur public. Et comment pourrait-il en être autrement pour cette catégorie de malades que la chaleur indispose au plus haut point ? Il prouve, s’il en est, que le patron du CPMC est loin, très loin des malades de son service et du vécu de leur maladie. Une situation que seuls le patient et son entourage connaissent parfaitement bien. Elle commence à l’instant où le praticien, « le cancéro », pose son regard sur le malade. Une fois la suspicion formulée par la blouse blanche, s’enchaînent les radios et les analyses. Deux examens rarement dispensés par l’hôpital, où qu’il se trouve, y compris le CPMC. Il en va de même pour la biopsie aux clichés radios qui apportent des précisions sur l’étendue du mal. Les justifications qui lui sont fournies alors sont le manque des réactifs et les radios hors d’usage. Tant et si bien que le malade – quand il le peut encore- conscient que la première lutte contre la maladie est la course contre le temps, prend un coup à son moral, à moins de basculer dans le privé. Dans ce cas-ci, il devra consacrer tout un budget à cela, supérieur à 150 000 DA et remboursable à des taux insignifiants. Pour les autres, les moins lotis et ou téméraires jusqu’à la hardiesse, c’est une longue attente qui se met en route, notamment pour le scanner, l’IRM ou encore les biomarqueurs. Une fois les examens effectués et soumis au médecin, le malade affronte un autre stress, en l’occurrence, le protocole de traitement. S’il est explicite, son application ne l’est pas. Et pour cause ? Les délais impartis pour chaque étape du traitement ne sont toujours pas respectés, faute de traitements, de produits ou du réglage des machines à rayon (les accélérateurs linéaires). A cela, les produits d’entretien du patient, pour lutter contre les effets secondaires du traitement ne sont pas à portée de main. Ils sont majoritairement pris en charge par le patient ou son entourage. Une fois en rémission et guéri, la chirurgie réparatrice, notamment pour le cancer du sein, n’est proposée que par le secteur privé. Le secteur public semble occulter cette autre partie des soins qui, bien qu’avérée, rappelle qu’en Algérie, si la chaîne humaine défit toutes les lois de la nature, économique, physique et chimique, la médecine publique empêche de disposer de son corps et tient en berne la dignité humaine.