Le prestigieux ballet de Saint-Pétersbourg a présenté, dans la soirée de lundi dernier, sa première  représentation de « La Belle au bois dormant » à l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaih. La représentation s’est déroulée en présence de l’ambassadeur de Russie en Algérie, Igor Beliaev, et d’un nombreux public qui a longuement applaudi la performance des ballerines du célèbre Ballet classique russe, qui se produit pour la deuxième fois à Alger, après sa représentation réussie en février 2019 du « Lac des Cygnes ».
Programmé pour cinq représentations, tous les soirs dès 19 heures, jusqu’au 24 janvier prochain, ce ballet en trois actes, créé en 1890 au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, est l’œuvre conjuguée du chorégraphe français Marius Petipa et du compositeur russe Piotr Ilitch Tchaïkovski,  deux grands artistes de la fin du XIXe siècle. Le spectacle présenté pour la première fois sur les planches de l’Opéra d’Alger  a marqué les présents par les différentes séquences de danse somptueusement exécutées par les ballerines du Ballet classique de Saint-Pétersbourg. La chorégraphie met en scène le célèbre conte de Charles Perrault, relatant  l’histoire de la princesse Aurore, de la malédiction de la méchante fée Carabosse, de la protection des bonnes fées et de la fin heureuse  avec l’héroïsme du prince charmant.  Entièrement basé sur l’histoire de la famille royale, le spectacle commence par la levée de rideau sur le salon du palais royal. Soigneusement habillées en robe de princesse, les ballerines ont mis à contribution tout leur langage corporel jusqu’à l’expression de leurs visages, pour mettre en scène  les différentes tableaux de ce spectacle féérique. Lors de ce spectacle, le public a longuement applaudi la grâce et la vitesse d’exécution des différents pas de danses, des pirouettes et des arabesques tout en délicatesse créés par Marius Petipa, dont le travail est basé sur la rapidité du bas de jambe et les épaulements, des déboulés effectués sur demi-pointes. «Tout est dans la mesure et la maîtrise de soi, comme une traduction physique des manières de la noblesse de cour. La technique est moins démonstrative qu’à l’accoutumée, mais le travail du bas de jambe est joliment frénétique dans sa petite batterie», souligne un  spécialiste de la chorégraphie. Ajoutant que ce qui fait la beauté intemporelle de ce ballet, véritable joyau du ballet classique, est que «la chorégraphie de Petipa pour la ballerine est très féminine, c’est la grâce même. Il s’agit d’une danse élégante, sophistiquée et qui met très en valeur les ballerines». «La Belle au bois dormant » de Tchaikovski et de Marius Petipa représente, en effet, l’apogée du ballet classique, la danse s’affirme alors comme art majeur. Aujourd’hui,  le ballet de « La Belle au bois dormant » est considéré par de nombreux célèbres chorégraphes comme « l’accomplissement parfait de la danse symphonique » tel que l’avait souligné, dans les années quatre-vingt-dix, le célèbre chorégraphe russe Rudolf Noureev. Ajoutant qu’«elle exige du chorégraphe de trouver l’harmonie avec la partition de Tchaikovski. Avec « La Belle au bois dormant », il ne s’agit pas de créer un événement sans lendemain, mais de produire un spectacle durable, qui maintienne l’excellence d’une compagnie». Une excellence que le public algérien est convié à apprécier jusqu’au 24 janvier prochain à l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaih.n