On en sait désormais un peu plus sur les détails des coupes de production imposées
à chacun des pays siégeant dans l’Opep+. Après avoir décidé de lever progressivement, dès mai, les restrictions sur l’offre pétrolière de ses membres, en vigueur depuis mai 2020, l’Opep+ vient de fixer aux producteurs signataires de l’accord de limitation de la production leurs quotas pour les mois de mai, juin et juillet prochains sur la base des niveaux comptabilisés en mai 2020, date
de l’entrée en vigueur des premières coupes.

Par Hakim Ould Mohamed
Ainsi, par rapport à son offre de mai 2020, qui était de 1,05 million de barils/jour, le quota de l’Algérie baissera de 170.000 barils par jour en mai, à 887.000 barils/jour. Pour juin, l’Algérie devra baisser sa production de pétrole brut de 159.000 barils par jour, à 898.000 barils par jour sur la base de son offre d’il y a une année, alors qu’en juillet, elle baissera de 145.000 barils par jour pour s’établir à 912.000 barils par jour. Ainsi, la baisse de la production de l’Algérie, en application des décisions de l’Opep+ de jeudi dernier sera de moins en moins importante sur les prochains trois mois. Cela cadre avec l’esprit de la levée progressive des restrictions sur la production des pays siégeant dans l’Opep+. L’Algérie devient le troisième plus grand exportateur de pétrole brut en Afrique, derrière l’Angola qui devrait atteindre une offre de 1,3 million de barils/jour en juillet, alors que l’offre du Nigeria devrait caracoler à plus de 1,5 million de barils/jour à la même échéance. La Libye, pays exempté des décisions de limitation de l’offre pétrolière de l’Opep+, n’est pas sur les listings des producteurs concernés par les quotas, mais dont la production n’a cessé de grimper ces derniers mois, atteignant environ 1,2 million de barils/jour, devançant ainsi l’Algérie qui, depuis quelques années déjà, voit sa production se rétrécir de façon chronique sous l’effet de l’état de désinvestissement que connait l’amont pétrolier et gazier. De toute façon, la production de l’Algérie tourne autour de la même fourchette fixée par l’Opep+ sur la période mai-juillet ; le pays ne disposant pas de capacités flexibles de nature à compenser la baisse des prix par une hausse de la production. Dans le dernier rapport mensuel de l’Opep, il est indiqué que la production algérienne de pétrole brut s’est établie à 878.000 barils par jour seulement en moyenne en février, à en croire les données fournies par le gouvernement algérien.
En revanche, les données fournies par les intermédiaires parmi les traders et les investisseurs du marché pétrolier montrent que la production algérienne était de l’ordre de 873.000 barils en moyenne en février. Comparées aux statistiques de février 2020, les chiffres fournis par le rapport mensuel de l’Opep montrent une chute vertigineuse de la production algérienne de pétrole brut ; celle-ci passant d’une moyenne mensuelle de 897.000 baril/jour en février 2020 à 873.000 barils/jour en février 2021, contre une moyenne de 1,022 million de barils par jour en 2019. Les questions sur les capacités de l’Algérie à pomper au-delà de son quota une fois les restrictions sur l’offre totalement levées sont justifiées. Le pays peine à faire remonter sa production malgré les révisions apportées à la loi sur les hydrocarbures, dont la dernière en date remonte à décembre 2019. Celle de 2013 n’a pas pu enrayer la tendance baissière, alors que la nouvelle loi sur les hydrocarbures n’est pas encore entrée en vigueur, faute de textes d’application. Les quarante-trois (43) textes d’application relatifs à la nouvelle loi sur les hydrocarbures devaient voir le jour avant la fin de l’année précédente pour tenter de lancer un appel d’offres international dès cette année. Le nouveau ministre de l’Energie n’a encore soufflé mot sur cette question, alors qu’elle revêt un caractère stratégique pour le pays, confronté à une contraction sans précédent de ses recettes en devises. n