L’Organisation des pays explorateurs de pétrole (Opep) estime que les prix de l’or noir «continueront à être affectés au second semestre par les préoccupations quant à une seconde vague d’infection et des stocks mondiaux en hausse».

Cette situation «souligne la nécessité d’efforts continus pour soutenir le rééquilibrage du marché, tant du côté de l’offre avec des ajustements de production des producteurs de l’Opep et non Opep (…) que du côté de la demande à travers des incitations gouvernementales pour soutenir l’économie mondiale», fait remarquer l’organisation dans son rapport mensuel publié hier.
Concernant la production de l’Opep, elle a augmenté en juillet, par rapport aux mois de mai et juin, fait savoir la même source. En chiffres, les pays membres de l’Organisation ont pompé 23,17 millions de barils par jour, soit 980 000 mbj supplémentaires, fait savoir le rapport, précisant que le gros de la progression enregistrée le mois dernier est venu de l’Arabie saoudite qui a produit 8,4 mbj. Les Emirats, le Koweït et l’Irak figurent également parmi les producteurs en hausse, tandis que l’Angola était en baisse, ajoute la même source.
En outre, l’Opep révise à la baisse ses prévisions de la demande mondiale de brut en 2020. Prenant en considération l’activité économique plus faible dans les pays hors zone OCDE, le cartel table sur un recul de 9,2 mbj pour l’année en cours, alors que pour 2021, il a maintenu sa prévision d’un rebond de 7 mbj.
Mais «de grandes incertitudes existent, qui pourraient se traduire par un impact négatif sur la consommation mondiale de pétrole», estime l’Opep, citant notamment l’ampleur du rebond de l’activité économique qui déterminera la hausse de la demande de pétrole l’année prochaine. Un autre facteur d’incertitude est la poursuite des infections de Covid-19 et la vitesse à laquelle la recherche pourra trouver un vaccin ou un traitement.
Côté prix, le marché évoluait toujours dans une tendance haussière hier. Vers 16H (heure algérienne) le baril de Brent de la mer du Nord s’échangeait à 45,30 dollars sur l’Inter Continenetal Exchange, en hausse de 1,71% par rapport à la clôture de mardi. Au même moment, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour septembre s’affichait à 42,41 dollars à New York, gagnant 1,92%.
Les deux cours de référence «regagnent du terrain dans l’attente d’une baisse des stocks de pétrole américains», a résumé Stephen Brennock, analyste de PVM. Les investisseurs avaient, en effet, les yeux tournés vers le rapport hebdomadaire très suivi de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) sur les stocks de brut dans le pays. Selon la médiane d’analystes interrogés par l’agence Bloomberg, les réserves américaines de brut, pour la semaine achevée le 7 août, étaient attendues en baisse de 2,2 millions de barils et celles d’essence en repli de 400 000 barils. L’American Petroleum Institute, fédération qui regroupe les professionnels du secteur pétrolier, dont les chiffres sont jugés moins fiables, a de son côté indiqué mardi une baisse des stocks de brut aux Etats-Unis de 4,4 millions de barils, une tendance porteuse pour les acteurs de marché. L’EIA a par ailleurs diffusé mardi un rapport mensuel dans lequel elle révise à la hausse ses prévisions sur la moyenne du prix de pétrole. La reprise reste néanmoins fragile, tempère Bjarne Schieldrop, de SEB, qui liste les facteurs baissiers qui planent toujours sur les cours du brut. «Le risque d’une deuxième vague de Covid-19 à l’automne est élevé, la reprise de la demande d’essence aux Etats-Unis s’essouffle, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés (OPEP+) augmentent leur production en août et plusieurs membres sont prêts à dépasser les limites en septembre», écrit-il dans une note. <