Les 23 pays signataires de la déclaration de coopération Opep et Non Opep (Doc) tiendront, aujourd’hui et demain, deux réunions dont celle de l’Opep+ qui déterminera les niveaux d’ajustement de production pétrolière pour le mois prochain et ceux à venir, dans un contexte encourageant en ce qui concerne les prix du pétrole.
Composé de sept pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), dont l’Algérie et l’Arabie Saoudite, et de deux pays non membres de l’Organisation, à savoir la Russie et le Kazakhstan, le comité est chargé également de jauger, sur la base du rapport du Comité technique conjoint, le niveau de l’attention des promesses de baisse de la production des pays participants à la Déclaration de coopération.
La seconde réunion, programmée jeudi prochain, très attendue par les sociétaires du marché pétrolier, devra décider des niveaux de limitation de production pour le mois d’avril et les mois suivants, comme résolu lors de la précédente réunion ministérielle de l’Opep+. Cette réunion devrait, en principe, décider de la nécessité ou non de rendre progressivement les 2 mb/j sur le marché sur ce qui a été reconfirmé, à savoir la décision prise lors de la 12e réunion de l’Opep+ d’augmenter la production de 0,5 mb/j à partir de janvier 2021, et d’ajuster la réduction de production de 7,7 mb/j à 7,2 mb/j, en plus de l’accord volontaire supplémentaire de l’offre effectué par l’Arabie saoudite, à partir du 1er février 2021 pour deux mois.
Ces réunions de l’Opep interviennent dans un contexte de beau fixe avec une augmentation des cours de l’or noir, le prix du panier de l’Opep, constitué de 13 bruts, dont le Sahara Blend algérien s’étant élevé à 64,24 dollars le baril, lundi, contre 64,37 dollars vendredi dernier, alors que le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai, a terminé la séance de lundi en baisse de 1,13% ou 73 cents à Londres par rapport à la clôture de vendredi, à 63,69 dollars, tandis que le baril américain de WTI pour avril a reculé de 1,40% ou 86 cents à 60,64 dollars.
Mais d’autres analystes ajoutent un peu d’eau dans le vin des optimistes, en déclarant leurs appréhensions quant à la demande chinoise, jugée fébrile ces derniers mois.
Plus circonspects, d’autres analystes voyant le verre à moitié vide, ont remarqué les divergences qui divisent Ryad et Moscou et ne se pose qu’une question : dans quelle mesure les membres de l’Opep+ vont-ils rouvrir le robinet en avril ? Car l’effort de coupe est ardu pour les finances des vingt pays qui y sont soumis (Iran,Venezuela et Libye sont exemptés), ce qui fait que certains comme l’Irak ou le Nigeria peuvent céder à l’appel des sirènes du réajustement de leur production, revue à la hausse, bien sûr, en plus du possible retour de l’Iran en cas de pondération des sanctions américaines, rendue plus probable depuis l’arrivée du démocrate Joe Biden à la Maison-Blanche.