Les difficultés que rencontrent certains de ses membres à atteindre leurs quotas respectifs empêchent l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) à mettre sur le marché le supplément qu’elle a dégagé dans le cadre de l’accord avec ses partenaires de l’Opep+.

Une enquête publiée par Reuters, vendredi, soit au lendemain de la réunion ministérielle de l’alliance, indique que l’Opep a produit 28,52 millions de barils par jour (bpj) en juin, soit une baisse de 100 000 bpj par rapport à la réunion de mai, durant laquelle l’organisation avait prévu d’augmenter sa production de juin d’environ 275 000 bpj.
Le rapport du comité technique de l’Opep+, publié mardi, pour servir de base à la réunion à la réunion qui s’est tenue jeudi, s’inscrit dans la même logique de l’enquête de l’agence britannique, puisqu’il y est mentionné que l’alliance n’a pas pu atteindre les quotas qu’elle s’était fixés pour mai et ne devrait pas non plus les atteindre en juin.
C’est en Libye que la plus forte baisse a été enregistrée, soit 170 000 bpj manquant à l’appel, alors que les troubles continuaient de freiner la production du pays. La Libye est exempté des coupes volontaires, au même titre que l’Iran et la situation s’est détériorée davantage la semaine dernière dans ce pays avec d’importantes interruptions de production, dont plusieurs sites de productions étaient à l’arrêt. La Compagnie nationale Libyenne de pétrole (NOC) a annoncé jeudi soir des pertes de plus de 3,5 milliards de dollars résultant de la fermeture forcée de sites pétroliers majeurs depuis mi-avril, et décrété l’état de «force majeure» sur certaines installations.
La deuxième baisse la plus importante, 80 000 bpj, est venue du Nigéria, où les pannes et la maintenance ont freiné la production. Les chiffres ont fait chuter les exportations en juin d’au moins 100 000 bpj, rapporte encore la même agence de presse, avant de citer également le cas de l’offre irakienne, qui a chuté.
Dans le cas des géants de l’organisation pétrolière, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Koweït ont ajouté 130 000 bpj combinés, note encore l’enquête, soulignant que la production saoudienne était inférieure de plus de 100 000 bpj à son quota.
A noter aussi la situation en Equateur où le spectre d’un arrêt de la production se précise, suite aux blocages et manifestations initiés par un mouvement contre la hausse du coût de la vie.
C’est donc face à une configuration qui met en avant de fortes perturbations que l’Opep+ a tenu sa réunion de jeudi pour dégager le supplément à injecter à son offre d’août. Celui-ci sera le même que celui dégagé pour juillet, soit 648 000 bpj.
«En nous basant sur les travaux du Comité technique qui s’est réuni deux jours auparavant, nous avons pris note des incertitudes qui pèsent actuellement sur les fondamentaux du marché pétrolier tout en considérant que ces risques ne sont pas de nature à perdurer», a indiqué le ministre de l’Energie et des Mines, après le rendez-vous, par visioconférence, des 13 pays de l’organisation et leurs 10 alliés dont la Russie.
«Nous avons réitéré notre volonté forte d’accompagner la dynamique de rebond en assurant un approvisionnement stable et régulier du marché pétrolier», a affirmé M. Arkab pour le supplément décidé pour le mois prochain. «Nous avons confirmé la décision que nous avions prise lors de notre précédente réunion du 02 juin d’augmenter la production globale de l’OPEP et de ses partenaires de la Déclaration de coopération, de 648 000 b/j en août», a-t-il expliqué à ce propos.
Pour l’Algérie, cette décision signifie une augmentation de la production de 16 000 bj en août, a-t-il souligné. «Ce qui nous permettra d’atteindre un niveau de production de 1,055 Mbj» durant ce mois, a-t-il précisé, selon le ministre.
A noter que la réunion de la prochaine réunion ministérielle de l’Opep+ a été décidée pour le 3 août.
Sur le marché, les prix du pétrole étaient à la hausse vendredi, soutenus par des interruptions de production en Libye et en Equateur. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre, dont c’est le premier jour d’utilisation comme contrat de référence, a terminé en hausse de 2,38% à 111,63 dollars. Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en août, a grimpé plus fortement, de 2,52% à 108,43 dollars.