L’Opep+ peut compter sur la convergence de visions entre l’Arabie saoudite et la Russie en prévision de la réunion de l’alliance, prévue le 4 janvier prochain. Et pour cause, le chef de file de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et son égal au sein des pays non Opep, engagés dans l’accord de réduction de la production pétrolière, affichent leur unité autour de la décision de limiter à 500 000 barils par jour l’augmentation de la production de l’alliance en janvier, contre près de
2 millions initialement prévus.

«La charte de coopération de l’Opep+ nous a rassemblés et a apporté de bons résultats (…) C’est pour cette raison qu’elle doit continuer (…)», a déclaré, à ce propos, le ministre saoudien de l’Energie Abdelaziz ben Salmane, lors d’une conférence de presse organisée, suite à une réunion avec le vice-Premier ministre russe Alexandre Novak, chargé du secteur énergétique. Ce dernier a abondé dans le même sens en inscrivant son intervention dans le cadre de la coopération. «Nous avons confirmé une nouvelle fois notre loyauté envers les accords en vigueur aujourd’hui», a-t-il déclaré.» Nous envisageons de travailler ensemble afin d’aboutir à un équilibre de la situation sur le marché», a-t-il ajouté à deux semaines de la 13e conférence ministérielle de l’Opep+, alors que Ryad et Moscou se réuniront autour d’un comité de coopération bilatérale en mars.
On est donc bien loin des divergences et de la guerre des prix entre les deux géants du marché pétrolier, qui avaient lourdement impacté les cours en début d’année avant l’arrivée de la pandémie de Covid-19. De par les recettes que leur rapportent leurs exportations d’hydrocarbures, l’Arabie saoudite et la Russie ont subi de plein fouet l’impact des mesures sanitaires sur le secteur, et se retrouvent, aujourd’hui, dans l’obligation de s’unir encore davantage pour protéger les prix d’un nouvel effondrement face à une pandémie qui continue à semer le doute au sein des producteurs de brut.
Ces derniers ont, cependant, renoué avec l’optimisme depuis début novembre dernier et la remontée des prix sous l’impulsion d’annonces de vaccin anti-coronavirus suivies de campagnes de vaccination lancées dans certains pays, dont notamment les Etats-Unis où est attendu un plan de relance synonyme d’un rebond conséquent de demande pétrolière. Les cours des deux contrats de référence se sont appréciés de plus de 40% depuis leurs derniers plus bas touchés au début du mois de novembre, portés principalement par les espoirs pour la reprise de la demande, que nourrissent les vaccins contre la Covid-19.
Sur le marché, le fort rebond s’affiche à des niveaux qui n’ont plus été atteints depuis début mars dernier. Au rythme de nouvelles séances de hausse, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en février a clôturé la semaine à hauteur de 52,26 dollars sur le marché londonien, alors qu’à New-York, le baril américain West Texas Intermediate (WTI) pour le mois de janvier a, de son côté, atteint 49,10 dollars.
Les cours de l’or noir «continuent d’être soutenus par la campagne de vaccination et les progrès vers de nouvelles mesures d’aide aux Etats-Unis», écrit dans une note Christin Redmond de Schneider Electric, ajoutant que «le plan de relance de presque 900 milliards de dollars est moins ambitieux que celui voté plus tôt cette année, mais il vise à soutenir l’économie américaine et pourrait, par extension, donner un coup d’accélérateur à la demande en brut et en produits pétroliers». <