C’est aujourd’hui que les pays de l’Opep+ tiennent leur réunion par visioconférence afin d’examiner la situation du marché pétrolier mondial. La précédente réunion de fin novembre-début décembre 2020 leur a permis de décider le plafonnement de leur production de Brut à 500 000 barils/jour au lieu des 2 millions de barils initialement prévus depuis l’accord d’avril 2019.

A l’issue du tour de table prévu aujourd’hui, l’Opep et ses alliés, menés par la Russie, devront répondre à la question suivante : augmenter ou non en février prochain leur production si les prix se stabilisent ou dépassent les 50 dollars le baril ? S’il est fort possible qu’il n’y aura pas de changement aujourd’hui par rapport au niveau de production retenu par l’Alliance – des analystes laissent entendre qu’elle restera à la décision du demi-million de barils/jour – il est certain qu’elle maintiendra sa politique d’«observation attentive» du marché et de s’adapter à ses évolutions.
Le ministre algérien de l’Energie Abdelmadjid Attar qui doit passer le relais en ce qui concerne la présidence annuelle de la conférence de l’Opep, avait indiqué à ce sujet que les membres de l’Alliance ont décidé de «tenir une série de réunions chaque mois, à compter de février prochain, pour suivre la situation sur le marché pétrolier et parvenir progressivement à l’application d’une augmentation de la production plafonnée à 500 000 barils, quel que soit le prix du pétrole sur les marchés mondiaux». Une déclaration plutôt rassurante qui indique que l’Algérie demeure optimiste quant aux perspectives du marché dans un contexte qui reste encore marqué par la crise sanitaire et des incertitudes sur la demande d’or noir en 2021.
Quoi qu’il en soit, la démarche poursuivie jusqu’ici par l’Opep+, fortement appuyée par les deux poids lourds du secteur pétrolier, l’Arabie Saoudite et la Russie, s’est avérée payante en ce qui concerne la maîtrise d’un marché soumis à de fortes pressions en ces temps de pandémie mondiale. Elle est à l’origine aujourd’hui d’une reprise des cours du Brut autour des 50 dollars à un niveau nettement supérieur à celui constaté en avril 2020. «La charte de coopération de l’Opep+ nous a rassemblés et a apporté de bons résultats (…) C’est pour cette raison qu’elle doit continuer», avait déclaré, en décembre dernier, le ministre saoudien de l’Energie Abdelaziz ben Salmane. Son homologue russe Alexandre Novak, chargé du secteur énergétique, avait lui aussi insisté sur l’importance de «travailler ensemble afin d’aboutir à un équilibre de la situation sur le marché».
L’entente des poids lourds saoudien et russe est aussi l’une des clés de la réussite de l’Opep+ à apaiser le marché en faisant remonter les prix autour de la barre des 50 dollars. Il reste maintenant de voir comment la situation sanitaire va-t-elle évoluer avec l’arrivée des vaccins anti-Covid. Des experts parient sur un redressement de la demande avant la production dans le courant 2021. Cependant, dans son dernier rapport mensuel, l’Opep prévoit un moindre rebond qu’espéré et note «les incertitudes élevées, essentiellement en ce qui concerne le développement de la pandémie de la Covid-19 et le déploiement des vaccins». Il s’interroge aussi sur «les effets structurels de la Covid-19 sur les comportements des consommateurs, en particulier dans le secteur des transports». L’offre proposée en dehors du cadre de l’accord de l’Opep+ reste, par ailleurs, importante ; celle des Etats-Unis est toujours de 11 millions de barils par jour et la Libye, membre de l’Opep mais exemptée en raison de sa situation politique, économique et sécuritaire exceptionnelle, a plus que doublé la sienne en novembre à la suite du cessez-le-feu signé dans le pays. Notons que la réunion Opep+ sera précédée par la 25e réunion du comité ministériel conjoint de suivi (JMMC). «Le JMMC aura à évaluer le niveau de respect des engagements de baisse de la production des pays signataires de la Déclaration de Coopération pour le mois de décembre 2020», a indiqué hier le ministère algérien de l’Energie.