La course au vaccin contre la Covid-19 aborde son étape décisive particulièrement avec l’annonce de plus de trois douzaines d’autres vaccins en développement, dont 11 ont fait l’objet d’essais de phase 3, le dernier avant l’homologation. Cette étape déterminante et révélatrice de gros enjeux est d’autant plus suivie dans les quatre coins du globe que la pandémie sévit dans sa seconde vague emportant des milliers de personnes chaque jour.
Les autorités algériennes semblent suivre cette course au vaccin en multipliant les discussions et échanges notamment avec les pays ayant fait état de leur «avancée» en matière de recherche d’un vaccin contre le coronavirus. C’est dans cette perspective que le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, a reçu l’ambassadeur de Russie en Algérie, Igor Beliaev, avec lequel il a examiné «les domaines de coopération bilatérale en matière de santé, notamment en cette conjoncture marquée par la propagation de la pandémie ainsi que les derniers développements sur la production du vaccin contre le coronavirus». Le vaccin russe, faut-il le rappeler, est en phase des tests post-homologation sur 40 000 volontaires en Russie. Jeudi, le ministre de la Santé a rassuré sur les capacités de l’Algérie à se procurer ce vaccin, déclarant que «dès sa commercialisation, l’Algérie acquerra le vaccin pour protéger ses citoyens, quel que soit son prix». «C’est une bonne nouvelle quand plus d’un million de personnes sont mortes du Covid-19. Pfizer est engagée dans la recherche et le développement depuis des décennies. L’entreprise en a l’expérience et le personnel», a indiqué Mohand Sidi Saïd, l’Algérien qui a eu à assurer antérieurement la vice-présidence des laboratoires pharmaceutiques Pfizer.
«Le temps de la politique et de notre impatience n’est pas celui de la recherche. Il ne faut pas tirer de conclusions hâtives. Le danger de ces annonces sur un vaccin, c’est que les citoyens baissent les bras sur les gestes barrières», a-t-il conseillé lors de son intervention sur la chaîne France TV info.
L’OMS mise sur une distribution équitable
Bien avant l’achèvement de recherche et son homologation, le futur vaccin contre la Covid-19 continue de faire débat aussi bien au sein des décideurs qu’après des populations qui s’interrogent quant à sa disponibilité, sa distribution et certainement sur son coût financier.
Craignant une distribution inéquitable, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est affairée depuis le printemps dernier à mettre en place un mécanisme qui assurerait une distribution équitable de ce produit attendu. Elle a installé, dans cette finalité, le Covax qui réunit des gouvernements, des scientifiques, la société civile et le secteur privé. Le groupe Pfizer qui ne fait pas partie de ce mécanisme, a exprimé cependant «son intérêt pour un éventuel approvisionnement de Covax», a indiqué à l’AFP un porte-parole du laboratoire.
Le laboratoire a annoncé, la semaine écoulée, avoir élaboré en association avec BioNtech un vaccin contre la Covid-19, efficace à hauteur de 90%, ajoutant que «plus de huit mois après le début de la pire pandémie en plus d’un siècle, nous pensons que cette étape représente un pas en avant significatif pour le monde dans notre bataille contre la Covid-19». A propos de l’enjeu de la distribution équitable du vaccin, Rachel Silverman, chargée de mission au Center for Global Development, est peu optimiste. «Il est peu probable qu’une partie conséquente du premier lot de vaccins aboutisse dans les pays les plus pauvres», a-t-elle expliqué, reprise par l’AFP. Sur la base des accords d’achats anticipés signés avec Pfizer, elle a calculé qu’1,1 milliard de doses avaient été achetées par les pays riches. Autrement dit, «il ne reste plus grand-chose pour tous les autres». <