Prévue pour le 4 mars 2020, l’assemblée générale tant attendue a finalement eu lieu le mercredi 11 mars 2020 au siège du bureau exécutif de wilaya de l’Organisation nationale des victimes du terrorisme (ONVT) en présence du vice-président national, Ahmed Baya, du trésorier national, Mohamed Kerbouci, du coordinateur du Centre, Ahmed Makioui et du président sortant pour le bureau exécutif de la wilaya de Blida Ahmed Statoua.

Une réunion improvisée en plein air après le refus des autorités communales de Ouled Yaïch, notifié la veille, de délivrer l’autorisation indispensable à la tenue de l’AG au niveau de la salle Halil, située non loin du nouveau siège de l’APC, en application des directives du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales visant à éviter la propagation du coronavirus.
Quelque 70 personnes étaient présentes. Des hommes et des femmes venus des quatre coins de la wilaya afin d’élire le nouveau bureau exécutif local et en profiter pour faire part de leurs problèmes. A. Aïda, un jeune de Soumaâ, blessé par balles en 1996, pose le problème du taux d’invalidité accordé par les médecins de la Cnas qui auraient tendance « à le faire baisser systématiquement à chaque contrôle». Aïda rappelant les circonstances tragiques qui l’ont conduit, lui et son frère, son aîné de deux ans, à être blessés, ne comprend pas cette tendance à la réduction des taux d’invalidité : «Mon frère et moi avons été blessés le même jour. Nous étions encore enfants (j’avais 12 ans et lui 14). Nous étions en compagnie de militaires venus rétablir l’eau … Une bombe a éclaté… Mon frère fut atteint à l’abdomen… La bombe ne m’a pas touché mais j’ai reçu des balles à la jambe… J’en garde encore une en souvenir. Mon frère avait un taux de 80% et moi 20%. Après un contrôle médical nous n’avons plus que 10% chacun.» Un autre, blessé à la jambe lui aussi, dit avoir perdu 15% après le contrôle médical effectué par les médecins de la Cnas : «J’avais un taux de 45%, je me retrouve avec un taux de 30% (10% octroyés par la Cnas et 20% par la wilaya)». Une jeune dame, dont le père a été assassiné, parlant au nom des veuves, plaide pour une hausse des pensions. D’autres citent pêle-mêle des problèmes de logement, d’emploi, de perception de pension…
Le représentant du bureau national, interrogé, pense que ces problèmes ne pourront trouver de solution que dans le cadre d’un statut particulier des victimes du terrorisme, malheureusement inexistant pour le moment. «Nous n’avons pas de statut particulier, ce qui nous laisse tributaires du bon vouloir des responsables de l’administration. Ceux qui, parmi ces responsables, ont connu les affres du terrorisme compatissent et montrent quelques dispositions favorables mais les autres, ceux qui n’ont pas connu le terrorisme, considèrent que nous n’avons pas plus de droits que le reste des citoyens et ne font pas grand-chose pour les victimes. Une de nos revendications aussi est l’octroi du statut de «martyr du devoir national» aux victimes assassinées. Les responsables des bureaux de wilaya tels M. Statoua se démènent comme ils peuvent pour régler les problèmes des adhérents. Ce n’est pas toujours facile». Et poursuivant : «En ce qui concerne les taux d’invalidité accordées aux blessés et afin de mettre un terme à la situation créée par les baisses systématiques observées depuis bientôt 4 ans au niveau de la Cnas, nous avons demandé à ce que les victimes bénéficiant d’un taux de -60% soient alignées à 60%».
Mme Fatma-Zohra Flici qui tenait à présider personnellement cette séance, la première d’une série devant permettre le renouvellement de l’ensemble des bureaux de wilaya du pays, n’a pas pu faire le déplacement. Un rendez-vous de dernière minute accordé par le ministre de l’Intérieur sur demande de l’organisation l’en aurait empêché. Ahmed Baya, vice-président, explique cette absence par le souci de la présidente de se saisir de toutes les opportunités afin de régler les problèmes des victimes du terrorisme : «Il y a des retards dans les versements des pensions. Bien que les budgets soient disponibles au niveau des wilayas, les victimes et les blessés n’ont pas perçu leur pension depuis 3 mois. Mme FLICI a jugé nécessaire d’en discuter avec le ministre de l’Intérieur afin de dégager une solution au plus tôt ».
Concernant l’assemblée générale de la section de Blida, Ahmed Baya rappelle que «le congrès de l’organisation tenu en décembre 2018 avait décidé d’initier un programme visant le renouvellement des bureaux exécutifs de wilaya durant l’année 2019. La survenue du Hirak et des protestations du mouvement populaire avait poussé l’ONVT à remettre à plus tard les assemblées générales prévues». Le moment semble propice aujourd’hui à la relance du programme arrêté lors du 4e congrès. Blida constitue la première étape…
11H. Les invités et les adhérents prennent place. La séance s’ouvre par la lecture de versets du Coran. On se lève pour écouter l’hymne national et observer une minute de silence à la mémoire des «martyrs du devoir national». On donne la parole aux invités, le trésorier national, le coordinateur du Centre, M. Baya, vice-président national. Puis vient le tour des adhérents qui font part de leurs préoccupations et de leurs problèmes.
Une voix s’élève, demandant la reconduction du président actuel du bureau de wilaya
pour un nouveau mandat. De nombreuses autres voix appuient la demande. Les mains se lèvent dans l’assistance suivies d’applaudissements. Ahmed Statoua, président sortant est plébiscité…
A. Baya entérine la décision : «Au président de choisir les membres du bureau», dit-il. «Le plébiscite est prévu dans nos statuts et dans le règlement intérieur. Le président doit réunir son conseil pour choisir les membres du nouveau bureau…»