L’Organisation appelle à la généralisation des énergies propres et accessibles à tous.

Par Selma Allane
Dérèglement climatique oblige, les énergies propres sont au cœur des discussions de l’Assemblée générale des Nations unies, cette année. A l’occasion du Dialogue de haut niveau organisé en marge de cette Assemblée, le secrétaire générale de l’ONU a plaidé en leur faveur en tant que solution au réchauffement de la planète et comme une réponse à la précarité énergétique dont souffre les populations de nombreux du pays.
Vendredi 24 septembre, plus de 35 États, des organisations et des entreprises de poids international ont détaillé leur feuille de route dans ce domaine, dans des «Energy Compacts» dont le montant total s’élève à plus de 400 milliards de dollars Ces engagements, déjà connus pour la plupart, visent aussi bien à travailler sur des technologies comme l’hydrogène qu’à étendre l’accès à l’électricité dans les pays émergents. Plusieurs d’entre eux, comme ceux du Malawi ou du Danemark, ont fait de l’accès à des procédés de cuisson des aliments non polluants, autres que le charbon de bois, le bois ou le kérosène, une priorité.
Dans ce contexte, le chef de l’ONU Antonio Guterres a déclaré : ««nous avons un double impératif: mettre fin à la précarité énergétique et limiter le changement climatique». «L’an dernier, la part des énergies renouvelables dans la production mondiale d’électricité s’est hissée à 29%», a indiqué M. Guterres à l’entame de ce Dialogue de haut niveau, le premier consacré à l’énergie depuis 40 ans. Dans la plupart des pays, le solaire photovoltaïque est désormais la source d’énergie la moins chère», a-t-il affirmé, déplorant cependant que les progrès soient «trop lents». Selon lui, il faudrait d’ici 2025 diviser par deux le nombre de personnes sans accès à l’électricité et apporter des solutions propres pour cuisiner à un milliard de personnes.
D’après l’ONU, près de 760 millions de personnes dans le monde n’ont pas accès à l’électricité et environ 2,6 milliards ne cuisinent pas avec des énergies propres. Dans le même temps, les émissions provenant de l’énergie représentent 75% des émissions de gaz à effet de serre. Pour décarboner les énergies, il faudrait selon les experts multiplier par quatre les énergies solaires et éoliennes d’ici 2030 et arrêter dès cette année de construire des centrales à charbon. Il s’agit alors de tripler les investissements dans les énergies renouvelables et les économies d’énergies à 5.000 milliards de dollars par an, en utilisant par exemple les subventions aux énergies fossiles pour les renouvelables.
Vendredi 24 septembre, une étude publiée vendredi par le Fonds monétaire international (FMI)montre que les subventions directes et indirectes aux combustibles fossiles se sont élevées à 5.900 milliards de dollars en 2020 dans le monde, soit environ 6,8% du PIB mondial. Pour les économistes de l’organisation, ces subventions «entraînent une surconsommation de combustibles fossiles». Il faut alors mettre en place des prix qui reflètent «pleinement» les coûts réels de ces énergies fossiles, mais aussi les coûts environnementaux, a recommandé Kristalina Georgieva, la directrice générale du FMI. Augmenter les coûts du carburant est «bien évidemment très difficile», a reconnu la responsable. «Mais ne rien faire va poser des problèmes bien plus importants.» Afin de ne pas creuser les inégalités, les investissements dans les énergies propres doivent aussi s’accompagner de formations aux nouveaux métiers des énergies renouvelables et de protection sociale pour ceux affectés par la transition énergétique, a souligné M. Guterres. n