L’instance de médiation et de dialogue dirigée par Karim Younès doit trouver une jonction avec les revendications du mouvement populaire, a estimé l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM).
Apparentée au système, l’ONM ne cesse de prendre des positions plutôt favorables aux revendications du mouvement populaire pour le changement, au côté duquel elle s’est rangée très tôt. «L’initiative menée par Karim Younès n’aboutira que dans le cas où elle fait jonction avec le mouvement populaire en cours», a déclaré, hier, à Reporters son secrétaire général, Mohand Ouamar Benlhadj, qui a rencontré mardi les membres du Panel.
Se félicitant de la démarche prônant le dialogue comme voie de solution,
M. Benlhadj invite, cependant, le staff du panel à s’ouvrir sur les véritables représentants du peuple au risque de voir le processus de dialogue échouer dans sa mission. «On a toujours prôné le dialogue et non la confrontation», rappelle le secrétaire général de l’ONM, qui avertit quant à l’éventualité de l’échec du panel s’il «reste comme il est actuellement». Plus explicite, M. Benlhadj regrette que «cette initiative n’émane pas du peuple dans la mesure où le panel a été désigné par une seule partie, à savoir le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, qui avait procédé à la nomination et à l’installation de la composante dudit panel».
Plus insistant, le successeur de Saïd Abadou à la tête de l’ONM dit que «le peuple doit être partie prenante du processus de dialogue», regrettant que «cela ne soit pas le cas en l’état actuel», ce qui «exposera le panel de Karim Younès à l’échec», a-t-il averti. Par ailleurs,
M. Benlhadj fait savoir qu’il est improbable que l’ONM soit impliquée dans l’initiative du panel en tant qu’organisation. «On a déjà fait notre guerre. L’ONM n’est pas un parti politique. On n’est l’appendice d’aucune partie », a-t-il souligné, précisant toutefois que « les membres de l’Organisation ne sont pas interdits de prendre part aux discussions ou de rejoindre le panel à titre individuel».
S’agissant de la lecture politique que fait l’Organisation des moudjahidine, son responsable évoque l’existence d’une «communion» pour la tenue d’une élection présidentielle, d’autant que «le pays a besoin d’un président élu». «Un président est indispensable et urgent pour l’Algérie. Mais il faut réunir les conditions d’un scrutin honnête et transparent», a plaidé
M. Benlhadj. Dans le même registre, il a mis en évidence l’impératif de mettre en place une commission nationale indépendante qui supervisera la préparation, l’organisation, la surveillance et la proclamation des résultats de l’élection présidentielle, ainsi que la «nécessaire» révision de la loi organique portant régime électoral. Le premier responsable de l’ONM avait, pour rappel, exprimé, début août, son désappointement par le fait que l’organisation qu’il dirige ne soit pas prise au sérieux comme interlocuteur-initiateur de propositions de sortie de crise.
M. Benlhadj signalait, à cette occasion, que son organisation avait déjà lancé, en juin dernier, un «appel à la préparation responsable et la réunion des conditions idoines» pour un dialogue devant rassembler le plus grand nombre possible d’acteurs politiques et de la société civile nationaux, avec la perspective de parvenir au «plébiscite d’une personnalité nationale crédible et consensuelle».