Par Hamid Bellagha
Qu’est-ce qu’un protocole sanitaire ? Qu’est-ce qu’un dispositif de protection ?
Si le citoyen a fini par comprendre l’impératif des gestes barrières, sans se soucier de les appliquer, le protocole sanitaire et le dispositif de protection sont encore des concepts flous même parmi les plus perspicaces des citoyens lambda.
Leur reconduction par le Premier ministre, suivant les recommandations hiérarchiques, pour une durée de dix jours, et une promesse de «sévérité» pour les contrevenants laissent perplexes quant à leur utilité.
En effet, les gestes barrières ont été peu visibles sur l’espace public. Les jours de virement des pensions de retraite, les transports en commun, les fêtes, les enterrements et les chaînes interminables pour dégager une bouteille d’huile sont autant de bombes à retardement, de clusters, qui tiennent peu cas de la distanciation sociale ou du masque de protection. La sévérité promise aux transgresseurs n’a jamais été éminente sur le terrain, même pendant les jours sombres de la troisième vague. Par contre, il est sûr que la quatrième commence à s’installer confortablement et il aurait fallu anticiper, prévoir, vacciner avant que le compteur ne passe de 80 cas par jour à 610. Il aurait fallu réfléchir au déterminant à coller à la vaccination. Car, entre «recommandé» et «obligatoire», il y a un large fossé qui n’a jamais été comblé. «L’obligation volontaire» pour le corps de l’enseignement a été un flop retentissant, puisque moins de 30 % des effectifs se sont retroussés les manches pour se faire vacciner, avec comme paradoxe une disponibilité des vaccins que beaucoup de pays nous envient. Et, faut-il en rire ou en pleurer, pendant les vacances la même «invitation» a été adressée aux profs et assimilés pour la vaccination, sachant que les enfants scolarisés et les étudiants sont un vecteur important de transmission de la Covid-19.
On reprend donc les mêmes références, les mêmes arguments pour aboutir aux mêmes écarts.
Pourtant, le corps médical et les référents scientifiques chargés de conseiller l’exécutif prônent, depuis plusieurs mois, une obligation stricte pour plusieurs secteurs d’une vaccination effective. C’est vrai que la vaccination n’empêche pas le virus de circuler, mais elle tient à distance les vaccinés des hospitalisations et des salles de réanimation. C’est vrai aussi que le vaccin à lui tout seul ne garantit pas un stop au virus.
C’est pourquoi le protocole sanitaire ainsi que les gestes barrières doivent être redéfinis, dépoussiérés et adjoints à une politique vaccinale opérante.
Et c’est toujours une question de vie ou de mort.