A contexte d’urgence, des mesures exceptionnelles. Le gouvernement lancera une nouvelle campagne de vaccination contre le coronavirus dont la propagation connait ces derniers jours une hausse exponentielle inquiétante.

PAR NAZIM B.
Le pays enregistre désormais plus de 2000 cas de contaminations par jour, de quoi tirer la sonnette d’alarme. Les nouvelles émanant des hôpitaux sont révélatrices d’une situation critique.
Les autorités politiques et sanitaires, elles, ne cessent de mobilier les citoyens pour se faire vacciner afin d’éviter la propagation du virus. La nouvelle campagne de vaccination connaitra-t-elle le succès attendu contrairement aux précédentes ? C’est visiblement le pari du gouvernement.
« Une rencontre se tiendra lundi (aujourd’hui NDLR) avec les directeur de la santé des wilayas du pays et une nouvelle campagne nationale de vaccination sera lancée pour encourager les citoyens à la vaccination qui reste le seul moyen pour arrêter la propagation du virus et atteindre l’immunité collective », a annoncé hier le ministre de la santé.
Ce dernier s’exprimait à l’occasion du lancement de la 4e vague de vaccination au profit des fonctionnaires de l’éducation nationale dont le taux de vaccination demeure faible, selon l’aveu même du ministre de l’Education et des chefs d’établissements. Une faible adhésion à la vaccination du secteur conjuguée au cas de contaminations déplorés dans certains établissements ont contraint les hautes autorités du pays à décréter la suspension, depuis jeudi dernier, des cours pendant dix jours.
S’agissant de ce qui a été accompli jusque-là, le comité national de suivi de l’évolution de la pandémie a indiqué que plus de 13 millions d’Algériens sont vaccinés pour le moment, une moyenne faible pour prétendre parvenir à l’immunité collective.
Pour certains spécialistes, le chiffre est « extrêmement bas », de quoi s’inquiéter quant à l’évolution de la situation. Mais aussi sur les raisons qui font que de nombreux Algériens refusent de se faire vacciner au moment où le ministre de la Santé et les autres organes d’accompagnement établissent une corrélation entre les cas de décès enregistrés et la non-vaccination. 94% des décès n’ont pas été vaccinés, précise-t-on.
C’est la raison pour laquelle que les professionnels de la santé appellent, sous le sceau de l’urgence et de l’inquiétude, les populations à se faire vacciner pour briser la chaine de la contamination.
« Il faut savoir que le Delta si on le laisse proliférer dans la nature peut nous faire une mauvaise surprise en dérivant pour générer à son tour un autre variant. Il faut donc le freiner au maximum en accélérant la vaccination à toutes les échelles », a déclaré le professeur Kamel Senhadji, directeur général de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire. De quoi se poser dès lors des questions sur les raisons qui font que les Algériens n’adhèrent pas à la vaccination.
« Les autorités publiques et le corps médical doivent lancer des études, sondage et consultations auprès de toutes les populations de notre
vaste pays pour comprendre et analyser cette résistance et s’y attaquer », a expliqué l’universitaire et psychologue, Fatima-Zohra Sebaa Delladj, pour qui il y a nécessité de « connaitre les raisons de cette résistance et les croyances ou les convictions qui la fondent ».