Au train où vont les tweets de Donald Trump, un néologisme ne cesse de s’imposer dans la langue française, qui qualifie tout comportement bizarre empreint d’une attitude d’enfant gâté de «trumperis», tout comme le déconfinement est venu se prescrire en opposition à confinement.
En plus, «trumperis» rime avec déconfinement, du moment que le Président américain encourage la rébellion de ses concitoyens contre les décisions de plusieurs gouverneurs de recourir au confinement nécessaire dans le pays qui a enregistré le plus grand nombre de contaminés et de morts, plus 90 000.
Et encore une fois, Donald Trump a produit la surprise du mois en révélant qu’il prenait de l’hydroxychloroquine.
«J’en prends depuis une semaine et demie (…) Je prends un comprimé par jour», a-t-il déclaré lors d’un échange avec des journalistes à la Maison-Blanche complètement baba, soulignant, en plus, qu’il n’avait «aucun symptôme» de la Covid-19.
«Cela ne va pas me faire de mal, c’est utilisé depuis 40 ans pour le paludisme (…), beaucoup de médecins en prennent», a encore dit Trump, rajoutant une couche supplémentaire à ses «trumperis».
Cela aurait fait rire le monde entier si, en filigrane, il n’y avait pas eu la menace du locataire de la Maison-Blanche de quitter l’OMS, dont les Etats-Unis étaient régulièrement le premier contributeur.
«Si l’OMS ne s’engage pas à des améliorations notables dans un délai de 30 jours, je vais transformer la suspension temporaire du financement envers l’OMS en une mesure permanente et reconsidérer notre qualité de membre au sein de l’organisation», a-t-il tweeté encore, dans la nuit de lundi à mardi, avec comme délai d’un mois pour obtenir des résultats significatifs. Accusé d’être une marionnette entre les mains de la Chine, l’OMS ne sait plus comment se comporter et quoi répondre à l’irascible Président américain. L’OMS et son Directeur général, TedrosAdhanom Ghebreyesus, sont descendus en flammes par les Etats-Unis qui leur reprochent de s’être «plantés» dans la gestion de la pandémie, estimant une négligence sur une alerte précoce sur la gravité de la coronavirus et tardé à déclarer l’état de pandémie. L’organisation, par l’intermédiaire de Tedros Adhanom Ghebreyesus, s’est encore défendue en réaffirmant avoir donné l’alarme «rapidement» et «souvent», et qu’il lancerait une enquête «indépendante le plus tôt possible, mais «au moment approprié», ayant sûrement d’autres chats plus importants à fouetter.
Pékin, toujours diplomatique, a riposté en accusant M. Trump, de «se soustraire à ses obligations» envers l’Organisation mondiale de la santé, se proposant de compenser les 500 millions de dollars des Etats-Unis par une somme rondelette de deux milliards de dollars, alors que des membres de l’organisation sont tombés d’accord dur une «évaluation indépendante» de la réponse de l’OMS à la pandémie.
Des faits en Europe, non des tweets
La tête encore froide, la France et l’Allemagne ont proposé lundi un plan de relance de 500 milliards d’euros pour tenter de faire sortir du coma l’activité au sein de l’UE, à l’ombre des suspicions des autres membres et là, il faut rappeler que ledit plan doit recevoir le OK des 27 membres de l’Union Européenne pour pouvoir être appliqué. Mais si la pandémie est considérée sous contrôle en Europe, où la majorité des pays ont commencé à déconfiner leurs populations, quoique, il n’en est pas de même en Inde et en Amérique du Sud. D’ailleurs, au Chili, des émeutes de la faim ont éclaté dans la banlieue de Santiago, placée dans un confinement total, alors qu’en Inde, des millions de travailleurs journaliers voient leur pauvreté croître en même temps que la courbe des personnes contaminées. Et comme si un malheur ne suffisait pas, le Venezuela, confronté depuis des mois à une crise économique exsangue, voit ses habitants se placer en mode survie.
Cela n’occulte pas la course au vaccin dont des pays comme la Chine et la France l’estiment comme «un bien de l’humanité», tandis que les Etats-Unis, et à leur tête la multinationale… française Sanofi, commencent déjà à envisager les gains faramineux induits par un monopole sur une découverte d’un vaccin salutaire.
En tout cas, des essais prometteurs se passent aux States, en Chine et en Europe. Cette dernière, très optimiste, amorce un déconfinement prudent qui permet à des milliers de personnes de redécouvrir les plaisirs simples de la vie d’avant, comme s’attabler à une terrasse, déguster un repas dans un restaurant, se promener dans un bois ou permettre au sable d’une plage de s’incruster entre les doigts de pieds.<