Par Hamid Bellagha
De virus à variant et de variant à sous-variant, le lexique des maladies transmissibles par voies aériennes est devenu à la portée de n’importe quel contaminé dans le monde.
C’est comme ça que l’on a fait connaissance, il y a quelques semaines, du fameux variant Omicron et de l’espoir de la fin de la pandémie avec.
Le sourire qui allait de pair avec la «bonne» nouvelle a fait place à un rictus depuis que des scientifiques ont constaté l’émergence d’un sous-variant d’Omicron. Aussi contaminant que son géniteur, le sous-variant BA.2 pose de nouvelles interrogations. S’il est prouvé pour le moment qu’il est aussi contagieux qu’Omicron, l’attestation de sa forte létalité ou non reste encore un mystère.
Pourtant, plusieurs pays d’Europe sont convaincus que la covid-19 vit ses dernières semaines, victime elle-même, se faisant hara kiri comme tous les virus au bout d’un certain temps. La preuve en est, l’abandon de tous les gestes barrières et restrictions en Angleterre et un peu partout sur le Vieux Continent.
Avec un léger décalage, Omicron commence à peine à prendre ses aises chez nous, c’est pourquoi le tsunami infectant qui le caractérise n’a explosé qu’il y a une semaine. Une semaine qui aura suffi pour que le nouveau variant se propage à une vitesse exponentielle, doublant ses chiffres tous les trois ou quatre jours.
Il ne fait aucun doute que les lits dédiés sont presque totalement saturés, mais le ministère de la Santé se veut rassurant après avoir, apparemment, anticipé cette fois en assurant une quantité suffisante d’oxygène, de médicaments pour la Covid-19 et la fermeture judicieuse des écoles, devenues des clusters par excellence.
Cela n’empêche pas l’indolence, l’insouciance et l’inconscience des citoyens qui vaquent à leurs occupations sans trop se soucier du virus qui n’est pas aussi loin qu’ils le croient. Il n’y a qu’à jeter un œil scrutateur sur les marchés, le transport en commun, les postes et les lieux de loisirs pour se rendre compte que l’Algérien est toujours dans sa bulle d’indifférence. Les enfants, par exemple, qui devaient se calfeutrer à la maison et non se déployer comme des soldats sur tout le territoire, sont la preuve illustrative de l’atonie au danger de nos compatriotes. Les dix jours de relâche ou de «maladie» pour les gamins se sont transformés en vacances inopinées qui peuvent se transformer en cauchemar sanitaire pour les parents, leurs enfants ramenant à coup sûr toute un alphabet grec à la maison.
Le record des contaminations de juillet 2021 étant largement battu, les cadors de la santé devraient se ressourcer en concepts nouveaux pour inciter encore les récalcitrants à la vaccination à retrousser leurs manches. Et on ne le dira jamais assez, on le répète encore une fois, c’est inlassablement une question de vie ou de mort