Par Hamid Bellagha
Omicron s’installe en Algérie. Les contrôles aux frontières ont confondu un étranger ayant séjourné en Afrique australe et la crainte qu’il soit porteur de la dernière génération de la Covid-19 a été vite confirmée par l’institut Pasteur. Un séquençage du virus a permis d’identifier le premier Omicron, officiellement sous nos latitudes, sachant que des dizaines ont pu échapper aux mailles tressées à nos frontières par le ministère de la Santé.
Cette «découverte» n’a pas ébranlé les membres du Conseil scientifique ni les cadors du ministère de la Santé, qui restent confiants quant aux suites à donner à l’invasion probable du nouveau variant. A part Oran qui commence à voir les lits de ses hôpitaux saturés, les autres structures de santé du pays sont encore dans le vert et semblent avoir retenu les leçons du passé, notamment celle de la troisième vague, très mortelle, où les balbutiements des médecins conjugués à la pénurie d’oxygène et de médicaments dédiés à la Covid-19 avaient plombé la confiance du citoyen lambda envers les blouses blanches et la vaccination.
C’est pourquoi, 13 millions de doses de vaccin attendent toujours preneurs, malgré une énième campagne de vaccinations, une remise à l’heure de «l’obligation» vaccinale pour les corps de la santé et ceux de l’éducation, les piquouzes, et l’instauration d’un passe sanitaire fantôme, rien n’augure pour le moment une quatrième vague… de vaccinations.
L’ignorance, l’insouciance et le déni de l’existence même du virus font que la population doit être destinataire d’autres formes d’incitation à la vaccination, les précédentes ayant lamentablement échoué. Sans doute que les messages envoyés vers les récalcitrants n’étaient pas assez forts ou pas assez … contraignants pour faire tilt.
L’obligation vaccinale, que l’on ne prononce que du bout des lèvres, tarde à être mise en œuvre bien que plusieurs pays, chantres de la démocratie, ont vite fait d’installer une dictature vaccinale. Il y a bien eu, en Algérie, il y a quelques années, une réticence à faire des doses de rappel pour nos ados, mais les responsables de l’époque avaient pris leur responsabilité en décrétant les vaccinations obligatoires pour tous les apprenants des trois cycles de l’Education nationale. Et le problème a très vite été réglé.
Il est peut-être temps de remettre au goût du jour les méthodes qui ont fait leurs preuves. Il s’agissait tout simplement, à l’époque, d’une question de vie ou de mort. Et c’est encore le cas aujourd’hui.