Le comité ministériel conjoint de suivi et de monitoring de l’OPEP+ devrait approuver la politique actuelle de production de pétrole du groupe et soumettra probablement ses recommandations à la réunion prévue la semaine prochaine, ont déclaré des sources de l’OPEP+ à Reuters.

Par Hakim Ould Mohamed
Les espoirs d’une hausse de la demande chinoise qui entraînerait une hausse des prix du pétrole étant contrebalancés par les inquiétudes concernant l’inflation et le ralentissement économique mondial. Les ministres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et de leurs alliés parmi les producteurs non-OPEP, dirigés par la Russie, se réunissent virtuellement le 1er février prochain. Cette réunion intervient alors que le prix du pétrole s’est redressé depuis le début de l’année en cours pour atteindre 90 dollars le baril. Cette réunion se tient également dans un contexte marqué par une demande chinoise plutôt capricieuse, tandis que l’Union européenne et le Groupe des Sept (G7) devraient élargir le plafond des prix du brut russe aux produits raffinés à partir du 5 février. Des sources de l’OPEP + ont déclaré à Reuters que le comité ministériel conjoint de l’OPEP+ discuterait des perspectives économiques et de l’ampleur de la demande chinoise, et qu’il était peu probable qu’il suggère des ajustements à la politique actuelle en matière de production. Certains délégués de l’Alliance estiment que le rebond des cours du pétrole en 2023 rendait tout changement peu probable. «Nous allons certainement discuter de l’économie chinoise et de l’inflation», a déclaré l’un des délégués, soulignant qu’il «n’y a aucune attente pour cette réunion. Ce ne sera pas une réunion de l’OPEP +, mais seulement un JMMC sans décisions ni recommandations». Le ministre de l’Énergie des Émirats arabes unis, Suhail Al-Mazrouei, a déclaré le 16 janvier courant que le marché était équilibré, faisant écho aux remarques antérieures de son homologue russe Alexander Novak. Les deux ministres siègent au JMMC, qui est coprésidé par Alexander Novak et le ministre saoudien de l’Énergie, le prince Abdelaziz Ben Salman. «L’OPEP+ est maintenant quelque peu à l’aise avec le fait que la période difficile de l’impact du COVID est derrière nous. C’est plutôt la situation géopolitique et la reprise de la Chine qui alimentent la volatilité», a déclaré une autre source de l’OPEP+. Lors de sa réunion datée d’octobre dernier, l’Opep+ a provoqué la colère des États-Unis et d’autres pays occidentaux lorsqu’elle avait décidé de réduire la production de 2 millions de barils par jour (bpj) à partir de novembre à 2023, au lieu de pomper davantage pour faire baisser les prix du carburant et aider l’économie mondiale comme le conseillaient les États-Unis. Lors de sa dernière réunion tenue en décembre dernier, le groupe a laissé sa politique de production inchangée et sa prochaine réunion complète n’est pas prévue avant juin prochain. Cela suggère qu’aucun changement n’est à prévoir quant aux niveaux de production de l’Alliance. Après avoir remonté à 90 dollars le baril, le cours du Brent évoluait au-dessus de 85 dollars cette semaine, sans tendance forte, pris entre les craintes de récession mondiale et les attentes d’une reprise de la demande chinoise après la levée des restrictions sanitaires.

Le Brent à plus de 85 dollars
Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars perdait à midi 0,19% à 85,97 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison le même mois, perdait quant à lui 0,16% à 80,00 dollars.
Les deux références du pétrole restaient quasiment stables, entre les espoirs d’une reprise de la demande de carburant en Chine et les préoccupations croissantes concernant le ralentissement de l’économie américaine, expliquent des analystes.
La veille, les cours avaient piqué du nez en fin de séance, lestés par les indices d’activité PMI aux Etats-Unis, toujours en contraction.
Le marché attend aussi la publication de l’état des stocks américains par l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA).
La fédération de professionnels du secteur, l’American Petroleum Institute (API), a estimé mardi soir que les stocks de brut avaient augmenté de 3,9 millions de barils la semaine dernière, et ceux d’essence de 620.000 barils.
Les données de l’API sont réputées toutefois moins fiables que celles de l’EIA.
Les analystes tablent quant à eux sur une hausse de 1,5 million de barils des réserves commerciales de brut, mais aussi d’essence, selon la médiane d’un consensus compilé par Bloomberg. <