L’Arabie saoudite a pompé plus de 11 millions de barils de pétrole en novembre, son record depuis toujours, c’est-à-dire depuis 80 ans. Sous la pression du président américain, Donald Trump, la production de l’Arabie saoudite carbure ainsi à plein régime

, envoyant des signes peu rassurants pour un marché qui dérape sous le poids d’une offre abondante et d’une demande mondiale léthargique. La production journalière saoudienne a atteint 11,2 millions de barils par jour en novembre, contre 10,8 millions de barils au début du même mois. De quoi relancer de plus belle les inquiétudes sur l’offre qui se traduisent par une rechute brutale des prix. Le Brent, la référence européenne, a reculé de 33% depuis début octobre. L’augmentation de l’offre saoudienne intervient à deux semaines d’une réunion décisive de l’Opep, prévue le 6 décembre à Vienne. Elle devrait débattre de la politique à suivre pour 2019. Les négociations ont déjà commencé et s’intensifieront, cette semaine, lors du sommet du G20 prévu à Buenos Aires, en Argentine, où les dirigeants d’Arabie saoudite et la Russie, accompagnés de leurs ministres du Pétrole, doivent se rencontrer. Les deux pays sont les plus gros exportateurs mondiaux du brut. Le Brent a clôturé la semaine dernière à 58,41 dollars le baril, son plus bas niveau en un an, contre 86,74 dollars au début de l’année. Les prix se sont effondrés également en Amérique du Nord.

L’Arabie saoudite et la Russie ont augmenté leur offre à des niveaux record, à raison de 11,2 millions de barils pour l’Arabie saoudite et 11,6 mbj pour la Russie, du jamais vu depuis l’ère soviétique, alors que les traders s’inquiètent du ralentissement de la croissance de la demande mondiale.
Il est difficile de parier sur un quelconque rebond des cours sur le court terme, d’autant plus que l’offre américaine s’établit à plus de 11,7 mb/j. L’Arabie saoudite semble perdre le contrôle de ses vannes, en cherchant à fournir suffisamment d’approvisionnement alors que l’offre iranienne se replie depuis le rétablissement des sanctions américaines. Les questions demeurent encore sans réponse sur les intentions de Riyad. L’Arabie saoudite envisage-t-elle de continuer à augmenter sa production à l’heure où les cours chutent brutalement, mettant nombre de pays de l’Opep à rude épreuve ? En tout cas, cet énième revirement saoudien rompt avec son engagement en faveur d’une baisse de la production de l’Opep.
Le royaume wahhabite s’était même engagé en juin dernier à réduire ses exportations de pétrole de 500 000 barils par jour en décembre par rapport à novembre. L’autre question qui se pose est celle de savoir si l’engagement saoudien au sein de l’Opep résisterait à l’épreuve des pressions américaines, dont le président a récemment demander aux Saoudiens de fournir un autre effort en faveur de la baisse des prix. En tout cas, le sommet du G20 à Buenos Aires, où les trois poids lourds de l’échiquier pétrolier mondial devraient se rencontrer, pourrait donner un avant-goût de ce que sera la tendance au sein de la future réunion de l’Opep. Le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman et le président russe Vladimir Poutine, ont prévu de se rencontrer dans la capitale argentine en présence de leurs deux ministres de l’Energie. Le président américain Donald Trump pourrait, néanmoins, jouer aux trouble-fêtes comme à l’accoutumée, d’autant plus qu’il semble faire de l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi une moyen de pression contre le prince héritier Mohammed Ben Salman. Hier, à l’ouverture hebdomadaire des marchés, les prix du pétrole se reprenaient en cours d’échanges européens, après leur plongeon de vendredi, dans un marché craignant toujours une production trop abondante.
Vers 14h30, heure algérienne, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier valait 60,19 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 1,15 dollar par rapport à la clôture de vendredi. Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» (WTI) pour la même échéance gagnait 85 cents à 51,27 dollars. Ce n’est éventuellement qu’une simple pause après la dégringolade de vendredi dernier, car la majorité des analystes prévoit la poursuite de ce mouvement baissier amorcé depuis sept semaines si aucune décision n’est prise pour venir à bout d’une offre abondante, mais menaçante.