La santé n’est pas uniquement liée au Covid-19. Bien d’autres maladies et « acteurs» sont en relation avec ce secteur si crucial dans la stabilité de n’importe quel pays. Les exemples pullulent. Il y a ainsi le cas des cancéreux qui se sentent, depuis des années même, totalement abandonnés. Désemparés, ils n’arrivent pas à avoir même un petit espoir de voir leur situation s’améliorer. La pénurie de médicaments et les rendez-vous «étalés» des séances de chimiothérapie conditionnent depuis longtemps les malades et leurs familles. Sans aucun changement.
Mais il ne faut pas oublier le cas des pharmaciens d’officine dont les conditions de travail deviennent de plus en plus intenables. Les agressions qu’ils subissent deviennent de plus en plus nombreuses et répétitives comme ne cesse de le signaler leur représentant. Effectivement, le SNAPO (Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine) est monté, dernièrement, au créneau.
Il est question d’insécurité, d’impunité et de laisser aller.
La semaine passée, le syndicat était revenu essentiellement sur deux agressions qui se sont déroulées au sein de deux officines. La première s’est déroulée à Ouenza (wilaya de Tebessa) et dont la victime, une pharmacienne, «a failli être brûlée vive au sein de son officine après qu’un délinquant a allumé le feu dans la pharmacie».
La seconde agression était à Ain Kercha (wilaya de Oum EL-Bouaghi) et cette fois il s’agissait de «plusieurs coups de poing au visage de l’employé, œdème à l’œil…».
Le point commun à ces deux «affaires» est l’impunité constatée. Les agresseurs sont toujours en fuite et, comme le dénonce le SNAPO, «jusqu’à aujourd’hui, aucun geste, aucune réaction ni condamnation de cet acte, n’est venu de la part de nos responsables du secteur de la santé ».
Estimer que cette recrudescence des agressions (qui d’ailleurs remonte à plusieurs années déjà) est inadmissible est évident. Toutefois, une «vue» globale s’impose. A chaque fois, les «coupables» (en liberté il faut le préciser) sont désignés comme «délinquants», et le motif est toujours le même, une «quête» de psychotropes. Plusieurs «lectures» peuvent être faites à partir de ces données, aussi peu nombreuses qu’elles soient. Néanmoins, il est important de relever que tout ce qu’a relevé le SNAPO ne concerne pas uniquement les pharmaciens et le secteur de la santé. Le problème les dépasse de très loin. Il s’agit surtout de la consommation de psychotropes qui a pris une proportion énorme depuis le début de la pandémie. Pourquoi ? Comment ? et bien d’autres questions s’imposent. Les réponses et les explications impliquent tout le monde.