Trois semaines après le limogeage du Directeur général de l’Office national des œuvres universitaires (Onou), une intérimaire a été désignée à ce poste, en l’occurrence Assia Sahraoui, a annoncé hier le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Abdelbaki Benziane.
Mme Sahraoui a été chargée de la gestion provisoire de l’Onou, en attendant la désignation d’un nouveau Directeur général, a précisé la même source. Elle occupait le poste de directrice de l’amélioration du cadre de vie des étudiants et de l’animation en milieu universitaire (DACVEAMU) au sein du même office. Un poste qui semble avoir permis à l’intéressée de gagner en expérience nécessaire pour sa nouvelle mission, certes temporaire, mais qui doit être assumée dans une conjoncture où l’amélioration des conditions de vie dans les cités U doit se manifester par des actions et initiatives concrètes.
Une démarche qui ne peut plus attendre dans cette atmosphère de colère régnant chez les étudiants depuis début de février, suite au décès de l’étudiante Nacéra Bekkouche dans l’enceinte de la cité universitaire Ouled Fayet, provoqué par un court-circuit d’une résistance à l’intérieur de sa chambre. Un douloureux événement qui avait mis en émoi les Algériens, à commencer par la communauté universitaire, dont la réaction à ce drame avait laissé, et laisse toujours, s’exprimer courroux mais aussi revendications d’une vie plus digne.
En guise de premières mesures prises, le ministère de tutelle avait décidé de limoger le directeur de la cité, où le drame s’était produit, ainsi que le Directeur général de l’Onou. Mais avant que ce dernier ne soit remplacé provisoirement par la directrice de l’amélioration du cadre de vie des étudiants et de l’animation en milieu universitaire, c’est un comité directoire de la gestion de ces œuvres qui avait d’abord été installé le 13 février dernier.
Composé de quatre membres, dont deux représentants du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et deux autres de l’Onou, ce comité avait été exhorté à faire montre de «rigueur dans la gestion des œuvres universitaires en cette conjoncture sensible et exceptionnelle», et à procéder «dans l’immédiat à une évaluation de la situation». Cependant, de nombreux représentants de la communauté universitaire avaient critiqué cette démarche, considérant que l’Onou avait besoin d’un seul premier responsable habilité à prendre les décisions qui s’imposent, alors qu’un comité directoire risquerait de fonctionner avec des divergences de points de vue de ses membres et retarder la prise des décisions urgentes qui se sont imposées pour l’amélioration rapide du vécu dans les résidences universitaires, notamment en matière de chauffage en cette période d’hiver, en restauration, ainsi qu’en sécurité des lieux.
Des critiques qui expliqueraient peut-être la désignation d’une intérimaire à la tête de l’Onou et le choix porté sur une femme qui connaît bien la maison et sait évaluer les urgences qui l’attendent. Et sur lesquelles le Premier ministre, Abdelmadjid Djerad, avait insisté en instruisant Abdelbaki Benziane de «prendre des mesures urgentes de réhabilitation à l’endroit des cités universitaires qui connaissent un état de dégradation des immeubles et des équipements, d’une part, et de sécuriser, d’autre part, les infrastructures d’hébergement, en interdisant notamment l’accès à toute personne non résidente au niveau de ces cités». M. Djerad a également recommandé de «prendre les mesures nécessaires relatives à l’amélioration de la qualité des prestations liées à la restauration et au transport des étudiants intra et inter-wilayas, et de veiller à l’hygiène et au cadre de vie des cités universitaires et des pavillons».