Les avis d’appel d’offres lancés par l’importateur officiel algérien de céréales, en l’occurrence l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), pour l’achat de blé meunier (tendre) se poursuivent. En effet, le dernier en date concerne 50 000 tonnes de cette même variété livrable en décembre 2020.

Notons toutefois que cette nouvelle importation de blé se fera désormais selon le nouveau cahier des charges de l’OAIC, entré en vigueur à partir de ce mois d’octobre 2020. Et où on relève une hausse du taux de punaisassions passant ainsi de 0,1% à 0,5%. De ce fait, les soumissionnaires seront nombreux, avec en ligne de mire les Russes qui, jusqu’ici, étaient exclus car le taux de punaisassion de 0,4% de leur blé était supérieur à celui fixé dans l’ancien cahier des charges. Autrement dit, avec l’assouplissement du cahier des charges de l’OAIC, le blé russe bénéficie dorénavant d’une bonne compétitivité et par voie de conséquence la Russie reste la mieux placée pour remporter l’avis d’appel d’offres de l’OAIC. D’autant plus que l’Office s’attèle ces derniers mois à mettre à profit les prix bas actuels sur le marché international des céréales engendrés par l’offre importante du blé russe. Une conjoncture tout au bénéfice du pays et par ricochet à l’OAIC dans l’obligation de combler le déficit en hausse des résultats de campagnes de cette année par rapport aux besoins de consommation en la matière du pays. Autre hypothèse dans ce sens qui tient la route. A travers ce programme d’achat soutenu, l’OAIC cherche-t-il à éviter un retour à la hausse des cours sur le marché des céréales ? Ce qui demeure tout à fait indiqué sachant que le marché peut en une période très courte voir les prix flamber au grand détriment des pays gros importateurs comme c’est le cas pour l’Algérie. Et qui plus est, cette hausse tomberait mal pour le pays dont les capacités financières de ses importations sont sur une courbe descendante. Toujours dans ce même ordre d’idées, il importe de rappeler que le gouvernement avait plafonné pour l’exercice 2020 les importations de céréales à hauteur de 4 millions de tonnes contre 6,2 millions de tonnes auparavant. Un plafonnement qui risque de se voir dépassé si l’on tient compte que les objectifs de récolte escomptés cette année ne vont pas être atteints. Comme l’a attesté le ministre de l’Agriculture et du Développement rural lors de sa dernière sortie médiatique du 9 octobre, en marge de la réunion de tous les cadres du secteur. Le ministre avait avoué que les faibles rendements de la campagne moissons-battage de 2019 « se sont poursuivis cette année ». Et de faire observer au passage : « Nous sommes très en retrait de la moisson exceptionnelle de 2018 qui s’était soldée par un volume de près de 60 millions de quintaux toutes variétés confondues.» Il importe de savoir que la valeur des achats de blé meunier durant les deux premiers mois de l’année s’est élevée à environ 398 millions de dollars soit 8,5 % de moins qu’un an plus tôt (435,8 millions $). Concernant la facture d’importation de céréales du pays en 2019 elle s’est élevée à 2,7 milliards de dollars. Un montant qui place le pays dans le Top 5 des importateurs mondiaux de blé. n