Les étudiantes dénoncent des conditions d’hébergement «lamentables».

Dans la nuit de mardi dernier, révoltées par leurs conditions d’hébergement, les étudiantes résidentes à la Cité Universitaire de Ben Aknoun à Alger ont organisé un mouvement de protestation à l’intérieur de la résidence universitaire pour dénoncer les conditions de leur hébergement.
Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, les résidentes, dont la plupart sont des étudiantes en médecine ou en droit, ont crié haut et fort leur colère : «talibat talibat, el hak, hakna ma ranach telabat» (Etudiante, étudiante, c’est notre droit, on n’est pas des mendiantes), «koulouhoum serakin» (tous des voleurs), dénonçant la mauvaise gestion de la cité U et que les budgets alloués à l’entretien de la résidence universitaire soient détournés à des fins personnelles.
Selon différents témoignages des résidentes, en cette période où l’Algérie est touchée par une vague de grand froid, elles affirment vivre dans des «conditions indignes». «Des chambres vétustes surchargées, sans chauffage, aux murs suintant d’humidité et pleins de moisissures.» En effet, des photos de la résidence, largement diffusées sur les réseaux sociaux, illustrent l’état de délabrement des lieux. Des images qui donnent froid au dos !
Des murs décrépis rongés par l’humidité, des sanitaires et des douches insalubres, des lits en fer rouillé sont ainsi la triste et amère réalité que doivent subir les étudiantes qui viennent d’autres wilayas et qui n’ont pas les moyens de s’offrir un meilleur toit. Suite à ces publications, les réactions n’ont pas manqué : «Scandaleux», «Honteux» et «Très grave».
Parmi les commentaires les plus pertinents, citons celui adressé aux pouvoirs publics en soulignant que «ces photos doivent interpeller les responsables au plus niveau de l’Etat. Il est inadmissible que ce genre de situation puisse perdurer. C’est le summum de la déliquescence.»
D’autres indignés estiment : «Une cité universitaire dans un tel état, c’est une honte ! Le fond est atteint !» Une ancienne étudiante témoigne également de son expérience «cauchemardesque» au sein de cette Cité U, affirmant que «toutes les résidences universitaires en Algérie sont dans cet état de délabrement indescriptible. Les subventions allouées par l’Etat aux œuvres universitaires sont entièrement détournées.»
Rappelons que le 22 décembre dernier, les étudiants de la faculté de médecine de Ben Aknoun avaient organisé un sit-in au niveau de la faculté de médecine pour dénoncer également les conditions «dégradantes» d’hébergement dans les cités universitaires, notamment celle de Ben Aknoun. Ils avaient, à ce sujet, dénoncé le fait qu’en plus de la surcharge du nombre d’étudiants par chambre, le protocole sanitaire en pleine pandémie de la Covid-19 est quasi inexistant, accentuant ainsi les risques de propagation du virus parmi les étudiants avec une forte probabilité de transformer les cités U en véritables clusters.
Notons que depuis le 15 décembre dernier, date officielle de la rentrée universitaire, plusieurs mouvements de protestation et sit-in d’étudiants ont été organisés dans plusieurs wilayas. Récemment, c’est à Constantine que les étudiants ont mené un mouvement de protestation pour des questions pédagogiques. Lundi dernier, c’est à l’Ecole supérieure des professeurs de Sétif et en coordination avec les élèves de l’Ecole supérieure des professeurs de Constantine, qu’un appel à la grève nationale a été lancé et une journée de boycott organisée pour dénoncer «l’abus et la violation de nos droits légitimes» selon un communiqué des étudiants. Parmi leurs revendications, en premier lieu, ils réclament la prise en charge des diplômés des écoles supérieures qui n’ont pas été recrutés. En second lieu, ils interpellent les responsables concernés pour la remise des contrats d’engagement pour les étudiants des années graduelles qui n’ont pas encore été livrés. n